Là, les rues sont des champs qui ne meurent jamais !
Ni gentils ni méchants, je pense ce qu'aimer
Veut dire en
cette jungle, où l'oubli est le prix.
Jungle de métal, de silence et de cris.
L'anonyme est un lion, un des seigneurs secrets
Explorant inconnus, cette anguleuse cité.
La Vie ici est dingue, aussi dingue que la vie !
Nocturne est cette vie, diurne est cette vie...
Les créatures défilent, dans la ville encombrée,
Charnier de silhouettes, ternies pour miroiter.
Chaque pas est chargé du mime du travail,
Mais gloire à l'étranger contemplant ses entrailles ;
Louange au dilletante, qui sirotte la vision
D'une fourmilière nue, sciottant les saisons.
C'est encore l'été, le milieu de l'été...
En ce lieu j'ai été, l'homme d'un ancien été.
Les langues en bouquets, se déploient en plein jour,
En corolle-macrocosme, paumes de tous détours.
On dirait en mouvance, en turbulence, un rêve
De prolixes illusions, où marcher est une trêve.
On dirait se lovant, une galerie de glaces
Où croisant mille visages, on se sent à sa place.
J'aimerais vivre ici, terre de liberté,
Et sillonner encore, toutes ces rues enflammées.
J'aimerais me rouler, dans l'herbe verte et grasse,
Aux grands parcs alités, d'énergie et de masse.
L'hiver immaculé, chaque pas dans la neige,
Sera mon sceau intime, que les brises dessèchent.
Je
trouverai des planques, si l'âme veut être seule,
Je trouverai des plans, pour séduire celles qui veulent,
Et si vivre c'est
mourir, alors mourir de rire
Serait hors de ma bulle, le plus grand des plaisirs !