Saoul d’un élixir de rêverie,
Je me
perds dans cette paix sauvage.
Bercé par le chant de l’orage,
La confusion naît de mon esprit.
J’ai décroché l’ancre du temps
Et tout se déchaîne maintenant.
L’écho de cette étrange air oublié
Me rappelle une musique parfumée.
L’obscurité se fait flamboyante
Et laisse cours aux pensées rampantes.
Au début il n’y avait pas de fin,
Peut-être était-ce un souvenir de demain ?
Il pleut des
larmes sarcastiques
Empruntes d’une moite senteur ;
Un simple jeu de dissonance classique,
Le long d’une brève lenteur.
Et toi, tu dénigres les océans piètres, ô immortelle…
Tu loues la puissance du pouvoir, la sagesse des amants ;
Flambant de délice, tu poursuis tes rêves charmants.
Je
bois l’essence de
ton cœur, brasier sanglant éternel.
O doux cercueil où repose l’envie
Le bonheur est à portée d’ennui.
Visages effacés, en ton temps tu perds
De l’écorce charnelle, les raisins de l’hiver.
Parabole vivante de l’immortalité éphémère
Le tic tac de l’horloge résonne
La nature
autour de moi s’étonne
Enchanteresse et lumineuse tu resteras mon mystère.
Cent fois je t’ai appelé, anonyme splendeur des rêveries du Caire,
Métissage incontrôlable de deux corps emmêlés, élixir
De l’étreinte fleurissante, qui sans bruits me déchire.
Svelte, mais robuste zéphire, tu défies les tornades de Wagner.
Pareil à ce vent qui fait chanter les astres de l’Eden,
Ta musique légère et enivrante parcoure les plaines,
Tu donnes éclats aux fruits sur la table du
monde Et autour, riant avec le soleil, tu danses la ronde.
Sans ton souffle qui brise les cimes déchues,
Le monde ne serait qu’une prophétie tombante.
Dans un décor de larmes, je serais
perdu.
Puisque mon salut dépend de ta grâce envoûtante.
Berceau de ma jeunesse,
Parfum matinal d’allégresse,
Amour perdu, ombre du jour,
Lèvres charnelles, je bois le contour
Je goûte l’océan de ton calice vertueux
Un tendre sirop volage et voluptueux.
Un noble breuvage, sommet de félicité ;
Je désire m’y noyer dans l’éternité...
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