Léo, le lion...Ferré, le tendre. La performance d'un phrasé personnalisé, au
langage hermétique parfois, et paradoxalement si fluide. Un langage codé,
accessible aux romantiques, aux nostalgiques et autres révoltés.La
mauvaise graine... L'anarchisme, pathologie incurable. La mauvaise graine,
titre du recueil de l'intégral de ses chansons
qu'on pourrait traduire de
poésie pure.Ferré, c'
est cette tendresse fragile qui apaise ses colères
subites, reluit dans ses textes comme un amour brut, sans fioritures. Les
thèmes abordés sont variés: la condition difficile du poète, la
solitude universelle, Paris, et un anarchisme qui respire le pacifisme.Léo est un
esthète du
style. Qu'est-ce que le style? C'est s'approprier les mots
jusqu'à ce qu'ils vous appartiennent, jusqu'à ce qu'ils collent à vos
émotions.Léo déshabille Paname, avec mystère et doigté, pour la revêtir
d'une sensualité grâcieuse. Paname et lui, c'est une relation intime. Il
ferait d'une prostituée un ange. Le quartien latin n'est plus qu'une
mémoire, on lui a ôté son âme. Une mémoire de solidarité culturelle, où la
musique, les lettres et la philosophie se côtoyaient dans une ambiance
joyeuse.Quand il pleure la solitude, tout ses combats s'évanouissent, seules
quelques larmes subsistent. Une solitude universelle sans rémission
possible. Une solitude pour seule solution.Alors, aboyant, il se compare
à chien, instinctif, assoiffé d'amour.La mauvaise graine est à ranger dans
sa bibliothèque aux côtés de Baudelaire, Verlaine, et les autres...
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