Frédérique Bourdin - La poétique du vol et l’envie
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Publié le : août 22, 2007
La poétique du vol et l’envie d’aller au-delà des lieux !
- Etude sur la poésie de la poétesse Frédérique Bourdin –
L’envie de voler et de fuir les lieux comme les oiseaux migrateurs est une envie qui habite les cœurs de tous les poètes du monde entier. Car le vol dans les cieux fait croire et fait penser à la réalisation de la liberté totale et surtout la liberté d’esprit. Etre un oiseau cela veut dire être un messager entre le ciel et la terre, être même le symbole de l’immortalité de l’âme, selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant dans leur dictionnaire des symboles.
Mais la plupart des poètes aussi sont vraiment des oiseaux mais souvent des oiseaux qui ont des ailes brisées par la souffrance, et ils veulent malgré cela voler à l’importe quel prix.
Dans son recueil de poèmes intitulé « D’ailes brisées à elle sensuelle » notre poétesse Frédérique Boudin nous invite tous à entrer dans sa propre maison poétique, celle où l’amour prend mille et un visages, où l’amitié se déclare devant nos yeux avec toute sa beauté humaine et sa clarté lumineuse . Cet amour là et cette amitié trouvent dans leur chemin commun des obstacles, des difficultés et ils ne peuvent pas à cause de cela se manifester avec toute leur sincérité. Mais de cette absence et de ces manques, selon l’expression du poète Philippe Lemoine, notre poétesse connaît la présence. Cette présence qui donne à sa poésie son âme vivante au- delà même de toute réalité et de toute limite.
Ainsi on trouve que notre poétesse dès le début de son recueil de poèmes, déclare sa profonde souffrance en regardant, en sentant les douleurs de sa mère avant qu’elle soit morte, dans un poème intitulé « 13 juin » :
« La marge et la peine
L’amour et le manque
Les odeurs et les douleurs
Les souvenirs en pointillés
Les journées passent au ralenti
Après quelques mots échangés
Je suis soulagée de la savoir en paix
Elle est délivrée de ses douleurs
Je la regarde…elle se repose
Etendue sur son lit elle est glacée
Un baiser, une caresse sur sa joue
Mon cœur ne comprend pas »
Après la mort de la mère et après une année de son absence de cette vie, la poétesse reprend un peu son souffle humain et voit la vie avec un œil différant au premier, car la vie est toujours là et on ne peut pas qu’y vivre malgré l’éloignement des chères personnes et malgré les chagrins que nous sentons à cause de cet éloignement :
« Un an s’est écoulé
Ma vie n’est plus la même
Elle sait que je vais mieux
Elle me connaît, elle me sent »
Dans un autre poème intitulé « Je suis là », la poétesse reprend le même sujet, celui de décrire la relation intime entre elle et sa mère absente, car cette absence là réveille en elle tous les sentiments forts envers sa mère. Cette mère qui a représenté pour elle le visage même de l’amour et de la tendresse, le visage de la protection et de l’amitié, le visage de la belle vie.
« Tu me regardes …
Tes yeux sont vides…
Où es-tu, je ne vois pas !
Dis-moi ce qui ne va pas…
…
Je te regarde, mes yeux sont fermés
Je parle, mes lèvres ne murmurent pas
Je t’enlace, mes bras sont inertes
Je pleure, je ne suis déjà plus là … »
Ce cas là, ce cas de faiblesse totale, le cas où la poétesse devant les douleurs qui l’entourent à cause de l’absence de la mère, devient comme un oiseau sans ailes, ou au moins comme un oiseau dont les ailes brisées, car elle ne peut plus voler dans le ciel de la mère, ce ciel plein de la beauté et de la bonté du monde entier. Elle ne peut pas aller au-delà des tous les lieux, car elle est devenue coincé par le lieu où dort sa mère pour toujours.
Mais malgré toute cette souffrance insupportable et malgré tous les maux du cœur, notre poétesse va essayer de recréer levisage perdu de sa mère à travers le rêve et à travers les pensées et à travers bien sûr la recréation des souvenirs .Ainsi on la trouve dans on poème nommé « Maman » parler de cette expérience humaine d’une façon profonde qui touche aux nos cœurs tous :
« La souffrance s’est enfermée dans mes larmes
Elle ravive le manque et rouvre les blessures
Dissimule ton aura que je vois chaque jour
Arrache en moi la douceur des souvenirs ».
Enfin la poétesse trouve son calme intérieur et commence à voler comme les oiseaux livres car elle « ne sait que voler » selon sa propre expression poétique.
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-Frédérique Bourdin : « D’ailes brisées à elle sensuelle » éd. Mille Poètes LLC 2007.
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par Noureddine Mhakkak
n_mhakkak@yahoo.fr
© Mille Poètes LLC
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