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Toussaint Louverture

par : MarcAntoine    

Auteur(s): Jean Métellus
1804: Saint Domingue, devenue « Haïti », proclamait son indépendance à la face du monde. La première république
noire de l'histoire était née. Après plus de trois siècles d'esclavage, et au terme de plus de dix ans d'insurrections douloureuses, s'ouvrait pour ce petit peuple des Caraïbes, le difficiles chemin de la liberté.
Un homme - parmi d'autres - joua un rôle éminent dans ce processus: Toussaint Louverture, le napoléon noir. A la fois inspiré, en fils surgi des entrailles d'une terre de larmes et de sang, meneur d'hommes aussi sensible qu'impitoyable, chef de guerre avisé, tacticien redoutable, politique profond et résolu...
Oui, c'est une figure étrangement complexe et attachante qui s'enrichit au fil du texte et donne à l'événement historique sa véritable dimension humaine et universelle.
En témoigne cet extrait, nommé la tirade de l’interrogation au moment où Napoléon via le général Leclerc l’invite en France (il finira dans un cachot au fort de joux dans le jurat …)
« J’introduirai la gravité dans la vie, même au péril de ma propre existence. On ne peut revenir en arrière. Cependant cette flotte qui agresse notre île et m’enferme à Ennery, cette expédition qui m’accule au dialogue, me font imaginer le pire. Le retour au passé : je ne le veux pas.
Dois-je répondre à la politesse appuyée de cette invitation qui me propose la paix et la tranquillité à moi qui ai restauré seul, l’unité de l’île ? La décision m’incombe.
J’ai laissé les hommes sous les armes, les officiers avec leur grade. Si Leclerc est assez fourbe pour fouler les prescriptions de l’honneur militaire et m’arrêter avant toute discussion, la postérité le honnira et la mémoire de Bonaparte sera souillée.
Si je dois affronter la trahison et la mort, j’ose le dire sans forfanterie, je servirai la cause de la liberté : le pays ne supportera pas cette offense et dans un sursaut d’énergie, expulsera les esclavagistes : le pays se libérera !
Mais si Leclerc accepte la négociation et respecte la pause qui m’est nécessaire afin de tirer les leçons d’hier et d’organiser l’avenir, le pays reprendra ses forces, le pays se libérera !
Plus ou moins tôt, plus ou moins tard, que je vive ou que je meure, le pays sera libre.
J’irai au rendez-vous ! »
Publié le : mars 29, 2006
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