« Elle était ce qui m’attire le plus au monde : une réfractaire. Trouver quelqu’un qui est vraiment soi,
qui est hors de tout préjugé, de toute inféodation, de tout cliché et qui passe à travers la vie, aussi libérée de tout que l’oiseau dans l’espace, quel régal ! Je l’aimais pour ce qu’elle était et pour ce qu’elle n’était pas. J’aimais ce prodigieux tempérament d’artiste, et aussi tout ce qui en faisait tressauter les notaires, les caporaux, les mandarins de tout poil. » dixit Le général Lyautey himself. Et pourtant, la jeune et belle insoumise était fortement incorruptible face à tous les orientalismes en vigueur de la colonisation. De même qu’une fois devenue musulmane, Isabelle, très féministe avant-gardiste, s’est muée en Si Mahmoud pour vivre librement sur les terres algériennes aux confins du désert saharien. A El Oued, précisément. A la fin du XIXème siècle ! Ce récit est aussi celui de Catherine Stoll-Simon qui, portée par une forte conviction contagieuse, nous offre ce passage si subtil dans une vie : la métamorphose d’un être se libérant de ses déterminismes pour mieux créer son individualité. Un modèle, quoi !