Héros et Tombes (Sobre heroes y tombas1961) de l’argentin Ernesto Sabato
est un ensemble dont la composition englobe l’
histoire d’Alejandra Olmos et de Martin Del Castillo, la descente aux Enfers de Fernando Vidal Olmos et les méditations de Bruno Bassan. Quatre parties – « le dragon et la princesse », « les visages invisibles », «
rapport sur les aveugles », « un dieu inconnu » - dont les liens internes assurent des passages entre plusieurs niveaux de réalité et qui déclinent sur des modes différents une même quête de l’absolu. L’histoire individuelle y rejoint l’Histoire : le devenir des personnages est en correspondance avec la retraite épique de Lavalle. L’univers de ces deux romans est celui du tragique qui préside à toute fondation, qu’elle soit identitaire ou nationale. L’amour, la mort, le crime , la folie et le rapport au
monde, tout cela co-existe dans ce
roman à la fois épique et fantastique, halluciné et prophétique. Ce roman est le pivot central d’une trilogie romanesque inaugurée par Le Tunnel et qui se termine par L’Ange des Ténèbres.
Que ce soit par le biais de l’allégorie ou par l’évocation précise de la précarité politico-sociale d’une nation en construction, le roman demeure le lieu privilégié de la dénonciation de la notion de l’absurdité de toute vie humaine. Néanmoins, le monde et l’
homme semblent résister à cette évidence. Comment l’homme peut-il conserver une lueur d’absolu au sein de l’absurde ?
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