Matthias Pascal
est un jeune Italien. La fortune de sa famille balayée
après la mort de son père, il se retrouve dans
une condition sociale
misérable. Son mariage n'
est pas plus heureux : sa belle-mère, avec
laquelle il vit, le déteste. Après une dispute plus forte que les
autres, Mathias Pascal s'enfuit à Montecarlo, où il gagne une grosse
somme au casino. Dans le train du retour, après 12 jours d'absence, il
découvre en lisant le journal qu'on le croit mort : un corps
irreconnaissable a été retrouvé dans son puits.
Mathias décide alors de recommencer une nouvelle vie sous un autre nom,
Adrien Meis. Après avoir voyagé un certain temps à travers l'Italie et
l'Allemagne, il va s'installer à Rome dans une pension de famille. Il
tombe amoureux de la fille du propriétaire. Mais il ressent encore là
le poids de la solitude des hommes et des conventions sociales. De
plus, sans véritable état civil, il ne peut ni se marier, ni
travailler, ni
même avoir de véritables relations amicales de peur de
trahir son secret. Il est donc condamné à une non-existence sociale.
C'est alors qu'il rentre dans son village, après plusieurs années. Il y
trouve sa femme mariée à un des ses amis, avec une petite fille. Ici
encore, même s'il a une identité reconnue, il est condamné a rester feu
Mathias Pascal, officiellement mort. Il le reconnaît d'ailleurs
lui-même en acceptant d'aller fleurir sa propre tombe.
Dans cette oeuvre, publiée en 1904, on retrouve tous les grands thèmes
de ce qu'on appellera le pirandellisme : la recherche de l'identité,
qui n'est bien souvent qu'un masque que l'on porte, la pression sociale
vécue comme étouffante et la solitude ordinaire de l'homme qui ne peut
communiquer. L'écriture, comme souvent chez Pirandello, mèle le drame
et l'humour, dans un style volontairement simple qui vise à rendre
accessible le roman à chacun et non pas uniquement à une élite cultivée.