Ouvrir Rippley Bogle de Robert McLiam Wilson, c'
est pénétrer un
univers à
part, un
monde propre à son
auteur, tranchant avec la littérature contemporaine par sa force,
ses
rythmes,
la vigueur de ses images.
Rippley Bogle ou le parcours d'un Irlandais pris entre le dégoût et
l'ancrage à
son île, clochard de
talent, étudiant de génie, refusant les vies qui
s'offrent à
lui dès lors qu'elles sont suscpetibles de "réussir". Pour Riplley,
c'est la
quête
d'un absolu... Lequel ? La Liberté sans doute. Mais de ces libertés
qui ne
s'encombrent pas d'idéaux grandiloquent. La simple envie d'être
et non
paraître. Le désir de quitter l'enveloppe sociale, de ne pas adhérer
à la
norme... tout en prouvant son talent en la matière.
Un goût du savoir, une soif d'exister que ne parviendra pas à
brûler
l'alcool et
l'errance pas plus que les dorures des grandes universités.
Luttes épiques entre clochards, monde anémiant de Cambridge,
fille de
charité soucieuse de partager davantage que le pain… Tout un
univers
que
McLiam Wilson dessine page après page. Peu à peu, un sentiment
de
malaise,
de nausée, envahit le lecteur. Ces univers si différents, de la
crasse aux
ors,
des hauts lieux de misère aux hauts lieux du savoir, se révèlent
finalement si
semblables que seul le rythme de l’écriture fini par les
différencier.
Ouvrir Riplley Bogle, c'est déchirer le brouillard pour dévoiler un
pâle
mais
réconfortant soleil. Ce sentiment de nausée qui lentement
s’installe
jusqu’à
devenir familier au lecteur rappelle étrangement la sueur perlant
du
front à la
lecture de l’Etranger de Camus. Lire Ripley Bogle s’est accepter un
plongeon
dans un monde qui dévoile nos faiblesses, nos abandons, nos
trahisons.
Robert McLiam Wilson distille avec talent une critique davantage
sociale
qu’il
n’y paraît de prime abord.
Ce premier roman mérite d’être lu… jusqu’à la lie.
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