Pascal Dessaint a des thèmes de prédilection. La
nature en est un. Dans ce roman, il la décrit superbement. C'est très sensuel,
sauvage (La Brenne) et fascinant. Par ailleurs, il décrit les Humains comme des acteurs de la vie sur Terre, mais généralement des acteurs maladroits, qui traînent tout un tas de complexes, de frustrations et qui accumulent des erreurs aux conséquences parfois dramatiques.
Comme il aime le faire, il consacre un chapitre à un personnage et on ne le retrouve que plus tard, car d'autres personnages l'intéressent. On ne connaît pas tous les liens qui peuvent exister entre les uns et les autres.
Ici, il décrit deux régions pour l'action, la Brenne (
nature sauvage où Antoine, un écologue, vit avec Myriam, couple où la situation est pour le moins tendue) et la région de Dunkerque ou trois jeunes tentent maladroitement de trouver leur voie.
Encore une fois, Pascal Dessaint trouve une intrigue captivante, lui permettant de mettre en scène son inquiétude pour l'avenir de la planète. Dessaint est un bon écrivain, mais pas particulièrement porté à l'optimisme. A le lire, on se dit que même si l'Homme fait partie de l'écologie de la planète et y a apporté des touches positives, il apporte tellement de problèmes actuellement qu'on peut s'en inquiéter. Ce que Dessaint fait de bien, c'est qu'il porte ce message sans chercher à en faire des tonnes. Cela doit tomber comme une évidence à la lecture du roman. Car c'est bien un roman et pas un manifeste écologique déguisé.
Par contre, je ne dirais pas que c'est son meilleur roman. Mais je commence à être habitué à son style et à ses préoccupations, ainsi qu'à sa façon de construire ses intrigues. Si j'avais commencé par celui-là, j'aurais peut-être risqué de trouver les autres moins surprenants. Est-ce un hasard si au bas de la quatrième de couverture, on trouve trois lignes signées Claude Chabrol (cinéaste de talent) pour vanter le style de Dessaint ? Certainement pas.