Une enquête qui emporte le lecteur dans le plus sombre Pérou, au sein du mouvement du Sentier Lumineux. L’enquêteur, malgré
lui, est le substitut du procureur de district Felix Chacaltana Saldivar. C’est un antihéros, ni antipathique, ni sympathique. Ses doutes, ses pleutreries, sa dévotion envers sa mère morte, son manque de réactivité, son côté administratif obéissant ne le rendent pas attachant. On doute même qu’il résolve l’affaire si ce n’est par hasard. Il navigue, soucieux de la loi, entre militaires et policiers. Le système est pourri, plein de non-dits, d’intérêts personnels et de lâcheté. Un corps est retrouvé carbonisé et les pièces du puzzle vont s’enchainer, toutes aussi morbides les unes que les autres. Le suspens réside dans l’incompréhension du protagoniste, narrateur externe mais ce n’est que par ses yeux que l’on suit l’histoire, sauf quelques pages ressemblant à le l’aliénation rédigées avec pleins de fautes d’orthographes et de syntaxe. La fin en elle-même est mystérieuse. L’écriture est intéressante, simple et la lecture est plaisante par les descriptions des fêtes péruviennes, la semaine sainte sert de fond à l’histoire où coutumes hispanico-catholiques et indigènes servent de fil directeur à l’intrigue.