• S'inscrire
  • ‎Qu'est-ce que Shvoong ?‎
  • S'identifier
    S'identifier
    Mémoriser mon nom d'utilisateur Mot de passe oublié ?

Résumez la connaissance humaine sur Shvoong

.

Accueil Shvoong>Livres>Romans>Anne Belle ( chapitre 2 ) Suite

.

Anne Belle ( chapitre 2 ) Suite

par : PhilippeCERF    

Auteur(s): CERF Philippe
Solidarité. La solidarité. Celle que son père prônait encore, et encore, et toujours. Solidarité qu’il tentait, et tentait
perpétuellement de faire partager aux hommes de bonnes intentions. Allant parfois même jusqu’à faire abstraction de son bien-être personnel, de sa vie de couple, de sa vie de famille. Négligeant assez souvent, ce qui n’était pas sans gravités, ses affaires et sa santé qui devenaient chancelantes.
   Cette sacrée solidarité, en laquelle, elle, elle n’avait qu’une croyance toute relative. Ayant des années, observé son père, qui jamais, suite à son dévouement permanent, n’avait reçu le moindre merci, ou signe de reconnaissance.
   Pour lui, ce moment de solidarité était comme un instant privilégié, un sacerdoce. Un sacerdoce... Oui, …, peut-être. Comme un prêtre. Il était loin cependant, bien loin, d’être un adepte d’une quelconque cause religieuse. Il en était au contraire aux antipodes. Il rejetait le culte d’une éventuelle entité de l’invisible, de l’irréel dans sa totalité. Surtout, il abhorrait l’expression de son fanatisme le plus sévère. Comme il aimait à le dire par dérision, par bravade, à ceux qui voulaient l’entendre : « Peut-on avoir confiance en un curé, alors que ce gars se promène le cul avant la raie ! ». Peut-être se croyait-il intelligent, irrésistible en s’exprimant ainsi ? Il apparaissait que ce n’était certainement pas la croyance qu’il dénigrait, mais l’église en elle-même. Ce devait être l’église dans son ensemble, plutôt que l’existence d’un hypothétique Dieu qu’il dénonçait.
   Aujourd’hui, par ce geste anodin, cette jeune fille semblait avoir en tête cette notion d’entre aide. Comme il l’entendait, comme il le précisait : « La solidarité commence souvent dans son expression la plus élémentaire, par des gestes simples. C’est ainsi qu’elle prend tout son sens. » Comment en était-elle arrivée à se faire ce genre de réflexion pour un simple coup de main d’une camarade qui voulait l’aider ? Discourir ainsi sur l’existence ou non de la solidarité avait-il ici une signification particulière ? Ceci parce qu’une aide avait été donnée. Aide, qui somme toute n’avait rien d’exceptionnelle ? Ne serait-elle pas, à cet instant, simplement naïve, Anne Belle comme son père ? Pourquoi lui passait dans la tête cette question sur la solidarité, maintenant ? Et puis dans la réalité, qu’en était-il ?
   Lorsqu’un don était effectué lors d’une catastrophe, d’une épidémie, d’un appel pour un enfant malade, …, les gens donnaient pour se donner bonne conscience, se laver de leurs mauvaises actions passées. Puis ils oubliaient, parce qu’il fallait oublier ce genre de chose avant que cela ne nous arrivât.
   Alors, autant fut imposant son isolement pendant ces deux semaines, autant son contentement fut révélé comme l’expression de la célébration d’un événement exceptionnel, lorsqu’elle apprit que son père, à force d’insistance, avait réussi à entraîner sa mère, afin de venir lui rendre visite. Périple, qui avait pour seul but : s’assurer de la bénignité de la maladie. Mais surtout, et essentiellement, pour rompre son ennui, qu’ils imaginaient difficile à supporter pour elle, malade, loin d’eux.
   Avoir fait plus de mille kilomètres aller-retour, Vierzon - Lille, pour s’assurer de sa santé, il fallait vraiment qu’ils l’aimassent. Mais de cela, elle n’en doutait pas, elle, contrairement à certains autres enfants, qui eux, avaient le souci de cette question de l’amour parental, exprimé ou non.
   Quant à l’auteur, lui, de l’amour de ses parents il n’avait cette certitude. Encore aujourd’hui en son for intérieur il s’interrogeait. Il avait parfois eu ce sentiment quelconque d’être apprécié quoi que… Sa grand-mère paternelle, oui, elle, elle l’avait aimé de toute son âme. « Son petit » comme elle l’appelait. Dieu ! Ce qu’il l’avait adorée, elle était là à chaque instant pénible, à chaque événement difficile. De ce père si lointain, existant certes, il n’avait reçu que de l’indifférence. A quelques signes d’appel au secours, il s’était vu attribuer des coups de ceinturon. Frappé comme un chien, comme une bête galeuse. Il n’avait même pas de crocs à lui montrer, rien que des larmes de sang et d’amour. Les effroyables cris de douleur n’étaient que marques de soumission, de don de lui. Et l’autre assénait comme un soit disant représentant de sa propre justice, des lancers de lanières que l’auteur prenait à la volée, n’importe où. Et l’on aurait voulu qu’il détestât ce père qu’il croyait plein d’amour. Pour lui cela devenait naturel, d’être dévalorisé, dévalué, dénigré.
   Cependant, l’amour ne se mérite pas, il se donne. Et qu’est ce qu’il avait, qu’il a pu en donné sans compter. Plus tard, peut-être, quand il sera trop tard, là, ce père égoïste, intransigeant, se posera-t-il la question de l’amour de son fils ? L’auteur n’en est même pas sûr. Pourtant ils n’ont que lui. Et sa mère, comment avait-elle pu laisser faire ça ? Il est vrai que comme elle disait froidement, sèchement, comme par vengeance : « En venant au monde, il m’a déchiré. Je n’ai pu avoir d’autres enfants. » Allez, fermez le couvercle et bonsoir.
Publié le : octobre 19, 2009
Veuillez noter ce résumé : 1 2 3 4 5

Bookmark & share this post

Les personnes qui ont lu ce résumé ont également lu :

.