Le récit du séjour de Antonio Muñoz Molina commence par le traumatisme de l’effondrement des tours jumelles. Antonio Muñoz
Molina est le « je » de ce roman, de ce récit de voyage de cette description approfondie de Manhattan. Il nous relate le quotidien d’une ville bouillonnante. Le récit dure un peu plus d’un an. Point de départ : le 11 septembre et son impression de destruction, de mort, d’atrophisme, d’amputation. Puis il décrit les lieux, les gens anonymes ou ceux qu’il côtoie par sa profession – il donne des cours de littérature à l’Institut Cervantès. L’art est intimement présent dans ce livre à travers les concerts de jazz ou la peinture avec bien entendu et surtout Edward Hopper qui a trouvé en Antonio Muñoz Molina le maître des mots pour décrire la tristesse et la solitude de ces êtres cachés derrière des vitrines ou des fenêtres. Les déambulations de l’auteur pourraient aussi servir de guides touristiques tant les descriptions sont précises et éveillent l’envie de voir, de visiter les ‘tenements’ ou le quartier de Harlem. Un livre divers dans lequel Muñoz Molina interroge aussi sur son identité, étranger à New York et surtout inconnu. Il nous raconte son enfance, cette part qui le lie au présent. C’est un livre attachant.