La perte est un roman en quatre parties qui décrit la chute lente d''une femme dans le gouffre banal du chagrin éprouvé après
un abandon. La première
partie présente, sous forme d''un patchwork de textes écrits à la première personne, les différents protagonistes de cette histoire : l''héroïne, son mari, ses enfants, sa meilleure amie. Emma a disparu sans donner d''explications et chacun, y compris elle-même, essaie de cerner cette femme qui approche de la cinquantaine et qui "a tout pour être heureuse". Evidemment, à travers ce portrait kaléidoscopique, des failles apparaissent, de légers dysfonctionnements, et des cassures plus profondes. Ce procédé fonctionne un peu comme une image en trois dimensions où le personnage est vu sous plusieurs facettes, mais nous ne percevons finalement
jamais ce qu''Emma est vraiment.La deuxième partie s''intitule "Autopsie d''un jour pour la femme quittée" et décrit par le menu le monologue intérieur d''Emma après que son mari l''ait quittée : sa solitude, son sentiment d''abandon, les petites mesquineries et les immenses chagrins qui la submergent, rien ne nous est épargné. Tout est dit avec une totale honnêteté et même une certaine impudeur.Enfin, la dernière partie, après un chapitre intermédiaire, rassemble les lettres qu''Emma écrit à "celui qui est parti" et qu''il ne lira sans doute jamais, mais où elle dit enfin les mots qu''elle avait tus jusqu''à présent, les mots d''amour qui ne servent plus à rien mais qui lui prouvent que son histoire existe et que ses larmes abreuvent l''être qu''elle est en train de devenir. Ce roman raconte tout simplement le travail de deuil qui suit une rupture, vécu de l''intérieur et mis en mots pour tenter de se guérir des maux.