Ce titre ne manque pas de capter mon attention et de piquer ma curiosité. Vingt-trois courts chapitres composent cet opuscule
de l'
écrivain Pierre Autin-Grenier. Ce n'est surtout pas un roman puisqu'il n'y a pas d'intrigue. L'auteur nous confie ses réflexions sur son entourage et son monde intérieur. On serait tenté de comparer ce livre avec celui de
Philippe Delerm, oui, il y a bien des ressemblances mais la plume de
Pierre Autin-Grenier se fait plus marginale et plus originale. On découvre un homme ne sachant trop que dire ni que faire et on pourrait croire qu'il va nous ennuyer, or ce livre est tout sauf ennuyant.
Pierre Autin-Grenier nous prouve l'importance du style en littérature. Lui-même l'avoue: il se sent inutile, il n'a pas grand-chose à dire, il se parle tout seul, il nous donne des nouvelles du temps qu'il fait dans son coin de pays (il habite le
Vaucluse), si l'envie lui prend d'écrire un
poème, ce sera un poème en prose consacré au cancer des bronches et s'il s'émerveille, c'est à propos des bégonias de sa voisine ou à l'idée de lire tous les romans de
Thomas Bernhard en une journée. On devine derrière cette personnalité iconolaste une grande détermination de bien vivre sa vie au quotidien et un profond engagement à assumer son rôle d'écrivain dans un monde qui méprise son travail.
Pierre Autin-Grenier s'est donné comme mission de tout noter ce qu'il voit par écrit et il le fait toujours avec un brin de dérision. Son langage est recherché, on y trouve des perles à toutes les pages. Voilà une belle leçon d'écriture.
Pierre Autin-Grenier est un authentique écrivain intellectuel et militant comme il ne s'en fait plus. Publié en 1997
Toute une vie bien ratée marque son entrée chez
Gallimard et son ouverture sur la scène littéraire outre-frontière.