Troublant. Oui madame, oui monsieur, le premier roman de Boris Vian est troublant. Paru en 1966, ce premier opus allait valoir
à l’écrivain sa renommée dans les sphères fermées de la littérature.
Son style y est mis en place, soigneusement, avec cette aisance qu’on imagine. Parce que Boris Vian ne force pas son talent, parce qu’il écrit ce qu’il est, voila pourquoi. «
Trouble dans les andains » apparaît ainsi comme une réussite pour certains, comme la preuve d’un nouveau génie littéraire, mais peut paraître difficile d’accès pour un quidam de passage dans une bibliothèque.
Car ce n’est que par l’amour des mots, leur mise en situation, leur simplicité et leur usage que Boris Vian nous emmène au bout de son roman. Il ne faut pas y chercher une histoire avec un héros, auquel il arrive toutes sortes d’aventures. Non madame, non monsieur. Boris Vian vous remercie de votre intérêt pour son livre, mais ne vous donne pas raison pour autant.
C’est comme si Monsieur Vian avait écrit un livre pour lui, s’était raconté une histoire. Vous ne le ferez pas écrire pour vous. Au contraire, il vous emmènera (ou non) dans son univers bien à lui.
A lire «
Trouble dans les andains », on ne gagne ni ne perd rien. C’est juste un moment de littérature qu’on aime ou qu’on déteste, mais ce n’est rien d’autre. C’est une histoire loufoque, étrange et drôle, qui n’existe nulle part ailleurs.
Un ami à qui j’ai fait lire ce livre, me l’a rendu se targuant d’un «
excellent ton bouquin », alors qu’un autre m’a confessé ne pas avoir dépassé le tiers du «
torchon » que je lui avais prêté.
Alors pour se faire une idée par soi même et entrer dans le monde de Boris Vian, alias Vernon Sullivan, pour essayer d’y voir plus clair dans son œuvre, jetons un œil au «
Trouble dans les andains » et savourons les mots, rien que les mots.