Le
naufragé tient en un seul paragaphe de 188 pages. Fidèle à son habitude Thomas Bernhard tisse sa trame sur un ton volubile. L'histoire du Naufragé se développe autour de ce thème omniprésent dans l'oeuvre de Thomas Bernhard: la musique. Il décrit ses années de jeunesse et de bohême quand il étudiait
Le piano auprès du maître Horowitz avec Glenn Gould et Wertheimer. Le romancier fustige au passage les institutions autrichiennes; le Mozarteum de Salzbourg et l'Académie de Vienne. Autre figure légendaire: Horowitz. Ce maître de piano sauve la piètre qualité de l'enseignement reçue. Horowitz enseigne le piano à ce trio d'élèves iconoclastes: le narrateur (on devine qui se cache derrière), Glenn Gould et Wertheimer. Ce dernier ne supporte pas le génie du
pianiste canadien. Le jeu de Glenn Gould le subjugue au point de le rendre jaloux. Wertheimer se remet en question. Inutile de faire des gammes, de suer sang et eau sur son piano, de donner des concerts ni de poursuivre sa carrière: il ne sera jamais le meilleur pianiste. Wertheimer constate sa nullité, il souffre d'une grave crise identitaire et cette crise le pousse au suicide. Thomas Bernhard revient sur ce thème qui habite toute son oeuvre: le suicide. Au sentiment d'échec de Wertheimer, Thomas Bernhard oppose le génie musical du pianiste canadien Glenn Gould. L'esprit fataliste et défaitiste de Wertheimer ne sert que de prétexte à Thomas Berhnard pour nous offrir un portrait romanesque de Glenn Gould. Les deux hommes sont de la même génération: Bernhard né en 1931 et Gould en 1932. On peut qualifier ce roman de Thomas Bernhard comme un hommage à Glenn Gould; il fut publié un an après la mort de Gould. Je range ce livre à côté de l'essai de Michel Schneider: Glenn Gould Piano Solo paru en 1988
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