Octave, 33 ans, publicitaire à Paris dans une grande
agence, a tout pour être heureux : il gagne 13000 euros par mois (hors
stock-options), a une voiture de fonction de luxe, un grand appartement au cœur
de la capitale, un poste élevé et il est apprécié de sa direction. Sauf… Que c’est
un monstre d’égoïsme. Et lorsque sa vie va basculer, que Sophie, sa petite
amie, lui apprend qu’elle est enceinte de lui, que sa dernière réunion de
travail avec
le client numéro un de sa boîte vire à la catastrophe, il va fuir.
Il évacue sa future vie de papa, les étrangleurs de créativité avant de tomber sévèrement
accro à la cocaïne, commencer à voir son travail comme une monstrueuse machine
à exploiter son prochain. Au plus fort de sa tempête à lui, entre fêtes et
sorties glauques en célibataire, il commence une incroyable analyse de sa
situation et de son travail, de son entreprise et de son impact sur la
société.
Il décide alors de se faire licencier (par sécurité) et pour cela, entame une
tentative de rébellion ouverte contre sa propre entreprise en écrivant un livre
critique envers le milieu, en négligeant son travail, en critiquant ouvertement
son métier. Las, dans son domaine, même les critiques sont encensés et les créatifs
pardonnés pour leurs excès. Il va alors se lamenter sur son rôle, son âge
grandissant et son isolement lors d’une tournée des boîtes parisiennes, des
clubs africains, des discothèques de Miami avant d’échouer à Cannes entre
récompenses officiels et policiers blasés.
99 francs est un
roman satirique très documenté, parfois drôle, parfois effrayant, parfois très
léger, sur la société telle qu’on ne la connaît pas, telle que la vivent les
cadres supérieurs, avec le dédain de ceux qui possèdent une emprise sur les
autres. 99 francs est également un délire personnel, écrit à toutes les
personnes, décrivant un contingent incroyable de personnages tous plus individualistes,
plus délirants les uns que les autres, pris dans des situations et des cadres
de plus en plus aberrants. 99 francs,
est surtout le constat éclairé de la fuite en avant d’une société qui créé du
besoin pour alimenter sa propre croissance. Ce roman est une flamme, qui dévore
patiemment la mèche, inéluctablement, jusqu’à parvenir à la bombe. Octave est
le narrateur, mais aussi le spectateur de sa propre déchéance, qui est celle de
tous, qui est celle d’un système : le nôtre.
Avec Frédéric Beigbeder, on aime
ou pas, c’est souvent
radical. On peut cependant tirer de ce roman deux choses. La première, c’est l’analyse
critique du milieu publicitaire, qu’il connaît très bien pour y avoir travaillé
dix ans, qui résume également très bien l’état actuel de notre société. La
seconde, c’est que 99 francs est un roman défouloir et pour ceux qui
connaissent son style, Beigbeder ne fait pas dans la dentelle quand il descend
quelque chose, soirées ou société et parfois il faut bien l’avouer… Ca fait du
bien. Alors pour ceux qui ont vu le film et qui se posent encore la question :
c’est bien pire, ou bien meilleur encore, mais au moins, si vous le lisez, vous
saurez pourquoi.
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