Oliver Twist est le premier roman en anglais qui se soit centré entièrement sur un enfant comme protagoniste. Il est
aussi connu pour la manière peu romantique dont Charles Dickens décrit les criminels et leurs vies sordides. Dans Oliver Twist, un de ses romans les plus connus, Dickens condamne par le comique mais aussi l’amertume les effets de l’industrialisation sur l’Angleterre du 19ème siècle. Oliver, un enfant innocent, est coincé dans une société impitoyable où, en partie à cause des récentes Poor Laws (Lois sur les
Pauvres), il ne peut pratiquement choisir qu’entre l’asile des pauvres, le repaire des
voleurs de Fagin, une condamnation à la prison ou une mort prématurée. De ce cadre industriel/institutionnel amer, cependant, un conte de fées émerge : au milieu de la corruption et de la dégradation, Oliver, qui est essentiellement passif, demeure pur de cœur. Il s’abstient du mal quand tous autour de lui y succombent et, comme il faut s’y attendre dans un conte de fées, il reçoit sa récompense, tout comme ses persécuteurs-voleurs reçoivent la leur. En attendant cet heureux dénouement, Dickens saisit l’occasion d’explorer le genre de vie qu’un orphelin, un exclu pouvait avoir à vivre à Londres au cours des années 1830.
Un des premiers exemples du roman social, le livre attire l’attention du public sur les divers maux sociaux contemporains, y compris l’asile des pauvres où les pauvres doivent travailler, le travail des enfants et le recrutement des enfants comme criminels. Dickens se moque des hypocrisies de ce temps en entourant les thèmes sérieux du roman de sarcasmes et d’humour noir.