Monsieur Linh a perdu son épouse, son fils et sa bru. Il ne lui reste plus que la petite fille de son fils qu’il emporte,
avec une
petite valise, une vieille photographie et une poignée de terre dans un petit sac. Dans le bateau qui l’emmène loin de son pays, il serre le bébé contre lui.
Quand il débarque dans son nouveau pays d’accueil, il est conduit dans un dortoir où il retrouve des compatriotes peu aimables mais respectueux à cause de son âge. Peu lui importe ; il s’occupe de sa petite fille, toujours très sage. Et puis un jour, il sort de l’immeuble et fait la connaissance de Monsieur Bark. Alors soudain la vie du vieillard change : il a un ami. Chacun enfermé dans ses souffrances et ses souvenirs, ils partagent le même désarroi, qu’ils expriment dans un langage différent et donc incompréhensible. Mais cela a si peu d’importance.
Lorsque les dames du bureau de l’
immigration l’emmènent loin du dortoir qui doit être fermé, Monsieur Linh n’est pas mécontent de quitter ses congénères tour à tour indifférents et irascibles, mais il s’inquiète pour son ami. Il arrive dans un très beau château peuplé de vieillards au regard vide. Un jour, il s’en va, tranquillement, serrant très fort contre lui la petite fille toujours aussi sage, avec pour seul objectif de retrouver son ami dans cette grande ville…
C’est un roman très court qui ne s’appuie que sur un seul personnage. Pratiquement sans dialogue puisque les deux protagonistes ne parlent pas la même langue, il est écrit avec beaucoup de sobriété. Mais quelle intensité ! Si vous avez aimé « Les âmes grises » du même auteur, vous adorerez « La petite fille de Monsieur Linh ».