Une petite merveille d'humanité signée Daniel Goldenberg
Grichenberg
est à Paris. Pourquoi ? Pour tourner un film d'après
Shakespeare, le Marchand de Venise. En Yiddish. Et il cherche un
Shylock.Une fièvre soudaine agite les quelques acteurs juifs
inscrits à l'agence de Benny Schwartz. Chacun d'eux est évidemment le
Shylock dont le réalisateur américain a besoin. Et ils se mettent en
branle. Ils envahissent, discrètement, la synagogue où celui-ci fait
sa prière. Ils répondent à une invitation à l'hôtel Crillon où un
casting doit distinguer le meilleur Marchand de Venise.C'est
Moïshé Kurtz, alias Maurice Courtin qui, semble-t-il, a le plus de
chances de l'emporter. Mais le destin joue parfois de ces tours. Tous
les ex-futurs Shylock seront mis à contribution dans une pièce qu'ils
n'avaient pas prévue. Mais, chut, je n'en dévoile pas davantage.La
mémoire sombre de la Shoah plane constamment sur cette histoire et les
personnages font preuve d'une humanité vraiment touchante. La rouerie
cotoie la naïveté dans les mêmes hommes et tout ce petit monde désuet
se débat pour aider l'un des siens en difficulté. Une belle leçon de
solidarité en même temps que d'humour devant l'adversité.Daniel Goldenberg
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