C’est un roman très
intérieur auquel nous invite cette auteur canadienne. L’errance psychologique et identitaire d’une adolescente,
fille de soixante-huitards et de classe aisée. Pas de but, pas de repère, on vit intensément l’amitié, les relations avec les parents, la fugue et la chute dans la drogue au travers de deux portraits : Anna et Michelle. C’est un long dialogue
intérieur avec arrêt sur images silencieux un peu comme dans un film danois. De ce fait, l’évolution de l’histoire est quelque peu difficile à suivre car il n’y presqu’aucune description qui aide somme toute le
lecteur à se fixer un cadre pour mieux ressentir la situation évoquée. C’est un livre d’une qualité littéraire certaine, très poignant mais il faut être bon lecteur pour accrocher au style de l’auteur qui manipule le changement de sujet sans point car les phrases sont très longues.