Œuvre autobiographique du génialissime auteur cubain. Cet écrivain est né sous Batista et a grandi sous Castro. Il a vécu
dans une île des extrêmes. La période de son enfance est essentiellement narrée sous l’angle de l’initiation sexuelle. Aucune opinion politique ne transparaît jusqu’au jour de la révolution castriste, un non-évènement en soi, mais qui a pris une ampleur considérable par la suite dans le destin de cette île des Caraïbes. L’auteur a participé à cet élan de liberté que supposait l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro jusqu’à ce que celui-ci se déclare marxiste-léniniste et tombe dans l’excès inverse. Les difficultés de survie sur l’île pour Reinaldo Arenas étaient doubles : il était un écrivain au réalisme critique et en plus homosexuel. Au début, il continuait à se réunir avec d’autres plumes célèbres de la
littérature cubaine, Lezama Lima, Virgilio Piñera, etc… Au fur et à mesure, les désaveux et les trahisons se sont multipliés quand il ne s’agissait pas de délations ! Beaucoup de choses étaient interdites mais dans les faits s’effectuaient. Au bout d’un moment, la dictature est devenue de plus en plus sévère. Reinaldo Arenas sous la dictature, grâce à des contacts français se faisait publier hors de Cuba. Ces écrits étaient contre révolutionnaires. Il fut donc arrêter mais parvint à s’évader. Là, il vécut comme un vagabond, grâce à l’aide de
quelques amis. L’Illiade était devenu son libre de chevet sous les étoiles. Mais rien ne dure et il fut découvert et emprisonné au Morro. Les chapitres suivant décrivent la vie de cette infâme prison que s’en est difficilement supportable. Tout prisonnier ou même gardien qui y a séjourné ne peut qu’avoir perdu toute dignité humaine. Quelques années plus tard, l’auteur est remis en liberté mais surveillé car en réhabilitation. Il doit montrer qu’il n’écrit plus rien de subversif contre le gouvernement et qu’il n’a plus d’activités homosexuelles ! Alors les années 80 arrivent, et la rébellion de l’ambassade du Pérou qui ouvre une porte au grillage cubain. Des visas sont délivrés pour sortir de l’île. Par un stratagème et de la chance qui font voler en éclat l’inutile et absurde rigueur bureaucratique il parvient à s’embarquer pour les Etats Unis dans un bateau mené par un amateur qui se perd en mer. Ils parviennent à sauver leur peau et à toucher la terre des Etats Unis. Il découvre le monde capitaliste, la vénalité des maisons d’éditions mais garde toujours l’envie d’écrire et la blessure de l’exil. La fin du récit est très émouvante. Ses retrouvailles avec les européens qui l’ont aidé, sa rencontre avec ses livres publiés car jamais ils ne l’avaient été à Cuba et puis la présence de la maladie. Cet opus autobiographique donne véritablement à comprendre les exactions de Castro et la misère dans laquelle vit le peuple cubain. Peuple cubain qui reste généreux. Littérairement c’est une lecture immanquable et politiquement à conseiller.