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L'affaire Clövers, deuxième épisode

par : HeleneLarrive    

Auteur(s): Hélène Larrivé

Non, il n’est pas bon en France d’être différent. Les Clövers ne parviendront pas à  faire comprendre que les
handicaps des enfants et du père expliquent leurs attitudes atypiques. Ils sont du reste suivis à Munich surtout pour les crises d’épilepsie de Florian… Malgré leur impécuniosité, ce sont des parents attentifs, innovants et dévoués : par exemple, ils ont même déménagé pour les enfants. Cela pourrait aisément être vérifié : personne ne s’en donne la peine. Tout est instruit à charge. C’est un véritable acharnement judiciaire qui va à présent s’abattre sur eux, au moment où Dutroux vient d’être arrêté. La garde à vue est immédiatement reprise par la P. J. de Montpellier. Une garde à vue insoutenable, tant pour lui que pour elle : elle est en petite tenue et le demeurera durant tout l’interrogatoire ; lui de même, et ils ne pourront se changer durant plusieurs jours etc… N’oublions pas : il relève d’une grave maladie, il est épuisé, sourd, ne parle pas français, ne comprend rien à ce qui lui arrive : le sol s’écroule sous ses pieds. Plusieurs médecins allemands qui les connaissent depuis des années écrivent qu’ils refusent de croire à de tels actes sur leurs enfants de leur part… Et ils ne sont pas les seuls. On ne s’en soucie pas.
C’est l’engrenage : les enfants, sous le choc, sont placés au foyer de l’enfance, dans l’attente de leur transfert dans une famille d’accueil aisée, de surcroît franco allemande, où ils resteront plusieurs années… sans jamais revoir leurs parents. Au début, Sabrina les réclame désespérément. Tout le temps. En vain, évidemment. Mais les parents d'accueil sont attentifs, aimants, sans souci d’argent… et petit à petit, elle s’habitue ; ils ont une grande ferme, des animaux… elle se lie immédiatement avec d’autres petites filles, elle a même un cheval… et c’est la vie de rêve, enfin, presque. Les belles promenades sur la plage, le soleil, les baignades… Son frère par contre est placé dans un centre: du coup, elle ne subissait plus ses agressions ni les tensions familiales. Si bien que petit à petit, elle ne réclamera plus sa famille. De toutes manières, cela ne sert à rien, elle l’a bien compris.  Sabrina a essayé de parler à sa mère d'accueil… et le résultat fut catastrophique. « On a fini par me convaincre que ça s’était passé »… «… mais finalement je savais que c’était faux… »
Malgré son dévouement, la nourice ne cessa de limiter au maximum les contacts entre les enfants et avec leurs parents. Par exemple, lorsque Madame Clövers qui lui téléphonait régulièrement, lui assurant toujours que son mari était innocent… elle répondait, comme elle le faisait à Sabrina : « il s’est forcément passé quelque chose, la justice française ne se trompe pas… »
Publié le : février 22, 2009
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