Eduquée seule par une mère plus que puritaine, Carrietta White découvre à ses dépends ce qu’est une femme et pire encore,
qu’
elle le devient. Effrayée par le sang de ses premières menstruations tandis qu’elle prend une douche en compagnie de ses camarades de classe dont elle est le souffre douleur,
Carrie croit devenir folle. Sa mère ne lui a jamais parlé de ça… ni de ça, ni de bien d’autres choses. Les moqueries des élèves qui l’accompagnent raisonnent comme une corne de brume : « Tu saignes grosse méduse !... Mets-y un bouchon, mets-y un bouchon !... »
Face de pet, gratte cul, grosse méduse sont, entre autres, les surnoms de cette enfant de seize ans un peu lourde, aux relents de transpiration, qui passe sont temps à s’enlaidir, ne sachant pas comment s’arranger et appuyé dans ce sens par sa mère Margaret.
Née le 21 Septembre 1963, Carrie est née seule avec sa mère. Avisée des gémissements par les voisins, les policiers retrouve le nouveau né dans une mare de sang, partiellement enveloppé de la membrane placentaire, sur la poitrine de sa mère. Posé au sol près du lit, le couteau de boucher avec lequel Margaret aurait tranché le cordon ombilical. En fait, Margaret avait toujours refusé de penser qu’elle puisse être enceinte. Malade, certes, mais enceinte, non. Selon elle, le concept de la grossesse était indubitablement lié à la notion de péché de l’accouplement. Mais l’enfant était né et avait été éduqué dans le précepte de la religion extrême, puni plus souvent que pardonné.
Quelques années plus tard, le 17 Août 1966, une mystérieuse pluie de pierres s’était abattue sur Carlin Street dans la ville de Chamberlain, plus particulièrement sur la demeure des White. Ce jour là, seules sa mère et elle-même savait que l’enfant s’était mise en colère.
La dure éducation de Carrie par sa maman qui ne n’arrêtait pas d’abuser d’autorité au nom d’un Dieu qu’elle ne cessait d’implorer, amena la pauvre gamine à passer des heures, des journées et des nuits dans ce placard étroit à la lumière bleue et blafarde, devant l’interprétation par Derrault du sermon : les pécheurs aux mains du Dieu de colère, à prier elle aussi, mais pour sortir de son trou.
Rapidement Carrie s’aperçoit qu’elle n’est pas une enfant comme les autres. Ses colères intérieures s’extériorisent par des déplacements plus ou moins violents d’objets, simplement par la force de la pensée. Télékinésie.
Lorsque après l’incident de ses règles, Carrie annonce à sa mère que le jolie et envié Tommy Ross l’invite au bal du printemps, la réponse est claire : « NON ! »
La sanction ne se fait pas attendre, « Va prier dans ton placard ! » mais c’est une fois de trop. La tasse de thé et le plat à tarte posés sur la table volent dans les airs avent d’éclater sur le mur de la salle. Cette fois, Carrie a choisi, elle ira à ce bal quoique puisse en penser sa mère… et quoi qu’il puisse arriver.
La nuit du bal va s’éterniser dans l’horreur et les flammes…