Haïti une nation pathétique
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Publié le : avril 02, 2006
Le lecteur trouvera dans les pages de ce livre d’abondantes données de fait et, d’abord, un bilan historique consistant. Rien, pourtant, dans cette investigation objective, qui ait à rompre avec les souvenirs personnels, ni qui doive effacer la trace des sensations ou cette immédiateté qui est à la source du langage poétique.
Exilé d’Haïti pendant de très longues années, c’est l’imagination qui l’a relié à sa terre natale . Poèmes et romans ont été_ sont toujours – pour lui le moyen de recréer à travers la distance un rapport intime avec la terre haïtienne . Il y retourne désormais fréquemment depuis 1985 et la voit aujourd’hui telle qu’elle bouge, brûle de mois en mois, semaine après semaine. Imagination et lyrisme n’ont pas à se taire en de tels moments mais doivent participer de toutes leurs forces propres à l’examen du présent et à l’interrogation quant à l’avenir d’Haïti.
L’enquête de Jean Métellus traverse l’histoire, l’économie, la religion, la médecine, les arts, la littérature .Le lecteur est introduit à la vie quotidienne d’Haïti, à ses coutumes et à son histoire ; il trouvera même des itinéraires pour une exploration de l’île . Jean Métellus ne sacrifie pas pour autant à l’exotisme facile . Il s’acharne à révéler la pression exercée sur le peuple haïtien par la plupart des pouvoirs depuis 1804 .
Cet ouvrage est une réédition, l'auteur et l'éditeur s'en expliquent : la décision de republier ce livre peut être brièvement justifiée. Disons seulement, qu’en dépit du départ des Duvalier, les politiques mises en ouvre depuis 1986, à de rares exceptions près, ressemblent à s’y méprendre à celles inaugurées par François Duvalier et conduites par son fils Jean-Claude sous la houlette de conseillers variés. Le pathétisme de cette situation vient du fait que, malgré le précipice que frôle le pays, nos compatriotes n’arrivent pas à discuter sincèrement autour d’une table et ne paraissent pas décidés à trouver un terrain d’entente minimum.
Nous espérions tourner la page des Duvalier et de leurs méthodes de gouvernement, nous sommes obligés de constater aujourd’hui que rien n’a véritablement changé.