Comment réapprendre à vivre après un long enfermement qui vous a maintenu enchaîné dans un temps unique, sombre , effrayant?Jean-Paul
Kauffmann, neuf mois après sa libération des geôles intégristes libanaises, expérimente son retour à la vie.Métaphore superbe que cette "maison du retour", cette maison landaise abandonnée, "les Tilleuls",qu'il faut remettre en état.Dans une solitude salvatrice, l'écrivain , imprégné de la simple beauté des choses , écoute, observe la nature, ressent , médite, comme fortifié par les grands textes essentiels de Virgile et Saint-Paul et apaisé par Haydn.Les bruits du monde lui parviennent pourtant,avec la radio de ses ouvriers, Castor et Pollux; il se plaît à leur inventer des origines et ressemblances : l'intolérance intégriste s'étend.Hormis sa famille proche , retrouvée pendant les temps libres, l'auteur fréquente aussi les hommes.D'abord Urbain, l'ami architecte, landais d'origine, qui lui avait conseillé de s'installer dans sa région natale.Et puis Lapoyade, le notaire qui lui a vendu la maison .Par delà l'échange intellectuel, le Voisin, son épouse et sa fille lui fournissent l'occasion de s'abandonner à la jouissance retrouvée, procurée par de grands crus bordelais et de bons Havane.Six mois s'écoulent coupés de promenades, de lectures, de rédactions d'articles et de conversations avec la fille du Voisin.Mais la fin des travaux est vécue comme un deuil par l'auteur, grand convalescent de la vie.Vingt ans après, comme décontaminé, il reconnaît s'attacher beaucoup plus aux arbres qu'aux livres,sa soif névrotique de lecture s'étant tarie en captivité .Il s'intéresse désormais au patrimoine landais , agrandit sa propriété.Il est réconcilié avec sa condition d'homme, même s'il porte un jugement négatif sur la marche du monde.