Le livre blanc de la Bretagne
L’ouvrage présente le travail de groupes de réflexions - les Think Tanks (laboratoires
d’idées indépendants) - impulsé par Bretagne Prospective (club de réflexion et d’action) présidé par Jean Ollivro, un universitaire, qui était présent lors de la conférence donnée à la médiathèque le 28 mai dernier. Deux autres auteurs, Yves Léon et Christian Demeuré-Vallée l’accompagnaient. Le premier intervenant a été Thierry Jamet, éditeur, qui a introduit le livre à un public varié, curieux et préoccupé par les perspectives d’avenir de la région bretonne à cinq départements.
Think tanks
Des tanks à penser ? Non, plutôt des boites à idées… D’origine nord américaine, ces initiatives privées ont tendance à se développer en Europe. Ce sont des initiatives citoyennes qui veulent œuvrer pour le bien commun tout en imposant des idées (une idéologie ?) auprès des politiques. Ce sont des bureaux indépendants – parfois groupes de pression – qui mutualisent des compétences afin de produire des recommandations traduisibles en termes politiques tout en se surexposant médiatiquement.
Le livre – la conférence
Ce livre traite de cinq thèmes : la population, les médias, la langue, l’agriculture et l’agroalimentaire et l’ouverture internationale.
La population bretonne à l’image de la population mondiale va vieillir et réellement c’est dans ce chapitre que l’on sent le travail d’idées (et non pas de pensées) des Think Tanks. Après avoir exposée la situation à venir, des solutions, initiatives locales ou nationales sont proposées. Et en tous cas, la solution de l’économie résidentielle, voix toute trouvée pour des politiques à la courte vue, est rejetée.
Le groupe média propose la création d’un portail breton (3B) mais qui semble malheureusement prioriser la commercialisation à la communication qui est ce que le public semble désirer. Le responsable de ce groupe de travail n’était malheureusement pas là pour défendre sa vision.
En ce qui concerne la langue, la question est posée de sa place dans une mondialisation galopante et surtout comment peut-elle devenir langue de business ?
L’agriculture doit se défaire de son manteau de lisier et nitrates pou se vêtir d’une veste de qualité et labellisée. Aucune AOC pour l’instant en Bretagne : un challenge à relever pour les entrepreneurs émérites !
L’international semble un chantier plus difficile à mettre en place (groupe « où ça s’est frité » selon J. Ollivro). Tout un tissu de réseaux est à créer et il faut changer également les préjugés…
Le livre peut être fastidieux à lire. Parfois, les projets marchent dans la choucroute. Le style est relativement insipide et répétitif car résultat d’une mise en commun. L’anonymat du rédacteur est préservé mais il aurait été intéressant de connaitre la composante de chacun des groupes. Cela dit, le travail reste indépendant malgré les logos sur la quatrième de couv’ : ils sont venus s’y ajouter à la publication, gages du sérieux de la publication. Et certes, elle l’est sérieuse cette publication et génère optimisme et initiatives pour les années à venir. En 2010, un voire deux ouvrages suivront celui-ci. Des groupes de travail vont plancher sur le bilan de ce premier livre blanc tout en abordant d’autres thématiques et notamment peut être la politique comme suggéré lors de la conférence ou encore le tourisme, si indissociable désormais de notre région. Rendez vous est pris pour dans deux ans…