Taquile;Passe, Present, Futur.
Histoire.La découverte de deux documents (restes) archéologiques PRE INCAS
appelés JATUN Q’HARI y JUCHUI Q’ARI, de culture TIAWANACOTA, ainsi que les importantes recherches et découvertes archéologiques expliquent la présence de l’homme sur l’île de Taquile. Cette petite île figure dans le folklore du lac sous le nom de MERKHE TAQUERI, ce qui signifie « VIEUX THAQUERI ». TAKHERI est le nom d’une île qui se trouve près d’un îlot submergé. (Arthur POSNANSKI, Tiawanacu, cuna del hombre americano, 1958). L’île de Taquile, durant la période comprise entre l’esclavage et le féodalisme, c’est-à-dire sous la domination de l’empire TAWANTINSUYO, a été occupée et peuplée par une catégorie spéciale de la population appelée MITIMAES, ceux-ci étaient transférés vers les territoires conquis par les INCAS où ils recevaient des terres pour pouvoir appuyer justement la domination inca. L’existence de « andenerias » (ensemble de terrasses) prouve la présence INCA. (Yu ZUBRITSKI, Los Incas Quechuas, 1975).
Le repeuplement de l’île, la survie et l’avilissement de la culture Taquileña par la colonisation espagnole sont d’autant plus marqués qu’il a existé une autre forme institutionnalisée de domination de l’homme par l’homme : la répartition des terres. Durant le XVIè siècle, les « répartitions » étaient utilisées pour décrire la mise à disposition d’un groupe d’indigènes et de son cacique entre les mains d’un Espagnol afin que celui-ci leur apprenne la doctrine chrétienne et les protège, en échange de quoi il perçoit leurs tributs et peut les utiliser à son profit comme main d’œuvre gratuite, c’est ce qui a été appelé ENCOMIENDAS. (José MATOS MAR, Hacienda, Comunidad y Campesinado en el Perú, 1976). L’île de TAQUILE ou TAQUILI tire son origine de ses premiers propriétaires qui étaient les GONZALES DE TAQUILA, les premiers habitants sur le COLLAO. Ceux-ci étaient originaires de Burgos et le premier encomendero (Espagnol à qui la Couronne d''Espagne avait confié une terre dont il peut jouir mais qui ne lui appartient pas.) de l’île était PEDRO GONZALES DE TAQUILA selon les archives de l’ancienne juridiction de CHUCUITO. (Emilio ROMERO, Monografia del Departamento de Puno, 1922). En 1644, Taquile passe aux mains de Pedro Pacheco de Chavez pour la somme de 4000 pesos, payés à la Real Hacienda d’Espagne. Celui-ci la transmet ensuite à Andrés Aparicio, dont la descendance la possèdera jusqu’en 1753. Ainsi, l’île eut plusieurs propriétaires. Les Cuentas, San Román Borda et Núñez Galindo ont été propriétaires des haciendas du haut plateau et membres du caciquisme (soumettre les populations indigènes et tirer profit de leur travail) du sud andin. C’est seulement à partir de 1928 que les insulaires souhaitent récupérer la propriété de l’île, celle-ci ayant été convertie en prison durant la période de l’Indépendance et de la République. C’est ainsi que l’un de leurs leaders, Prudencio Huatta rencontre Sanchez Cerro qui, une fois élu Président, l’invite au Palais de Gouvernement. (José MATOS MAR, 1957, 1986).C’est Prudencio Huatta qui, par des voies légales et judiciaires, prend la tête de la récupération par les anciens colons de la propriété de l’île, apportant son aide financière pour les procès. Il en fut remercié par le don d’un immense terrain qui a fait de lui le plus grand propriétaire de Taquile ; il sera plus tard l’une des autorités de l’île. (INC, Taquile y su arte textile, 2006, pp. 15-16).