Morituri
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Publié le : janvier 24, 2008
Morituri est le premier volet de la trilogie ou intervient le commissaire Llob (à compléter par Double Blanc et L''Automne des Chimères). Son auteur en raconte la genèse en remontant en 1994 : alors en poste dans l''armée algérienne, en pleine guerre civile, il est le témoin d''un attentat perpétré dans un cimetière ; une horreur. C''est dans l''urgence, presque dans une sorte d''état second, que sera écrit Morituri, comme un cri déchirant le silence.
On y retrouve la commissaire Llob, premier pseudonyme de l''auteur (cf. Le Dingue au Bistouri), personnage cynique et macho qui, avec sa femme Mina et son fidèle lieutenant Lino, constituent les principaux intervenants humains de ce récit. Llob, dans une Algérie à la dérive, tente de rester droit et intègre, mais il subit également, comme chacun, l''horreur latente, la peur qui mine tout fonctionnaire de police, cible potentielle d''un attentat de plus.
Le commissaire se voit confier une enquête sur la disparition de la fille d''un homme politique rangé des voitures mais dont l''influence et le pouvoir restent certains. Llob navigue en eaux troubles et dans des milieux bien louches !.. C''est l''occasion pour l''auteur de dénoncer la mafia politique au pouvoir, le niveau de corruption des édiles qui a poussé le peuple, miséreux, dans les bras des intégristes dont ils avaient fait le nid.
Un roman très noir, très réaliste, d''une grande lucidité et (donc) sans illusion, qui démonte les mécanismes qui ont fait sombrer ce pays dans le fratricide. Violent et désespéré, mais pourrait-il en être autrement ?
Le quatrième de couverture
De ma fenêtre, je peux voir la misère de la casbah, sa noirceur de rinçure et au bout, la Méditerranée. Il fut un temps où, de mon mirador de patriote zélé, il me semblait que la noblesse naissait de ces gourbis meurtris par la guerre et les déconvenues. C''était le temps où Alger avait la blancheur des colombes et des ingénuités. C''était le temps des slogans, du chauvinisme ; le temps où le Mensonge, mieux qu''un pépé mythique, savait nous conter fleurette.
Aujourd''hui, de sous les décombres des abus, la Nation retrousse ses robes sur des avortons terrifiants, et mon havre de fierté supplante en laideur la plus horrible des barbaries. Désormais, dans mon pays, il y a des gosses que l''on mitraille simplement parce qu''ils vont à l''école, et des filles que l''on décapite parce qu''il faut bien faire peur aux autres.
Désormais, dans mon pays, à quelques prières du Bon Dieu, il y a des jours qui se lèvent uniquement pour s''en aller, et des nuits qui ne sont noires que pour s''identifier à nos consciences...