Meurtre peu conventionnel à Saint-Etienne
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Publié le : janvier 22, 2008
Ce corps froid sur le pavé stéphanois n’est pas celui d’une petite frappe locale ou d’un paysan vellave venu se vendre à Couriot. Jérôme Rivet - paix à son âme - était un riche notable de Lyon et sa famille a le bras long. Le commissaire Marin a donc vite fait d’avoir sur le dos tous les grands pontes de l’administration. Il faut dire que nous sommes en 1936 et que le pays s’agite. La République n’a pas besoin d’un rubannier suriné rue Rondet pour donner du grain à moudre à tous les factieux ! Pour démêler l’écheveau de l’énigme, le commissaire et ses deux adjoints, un débonnaire au regard trouble et un « camelot du roi » teigneux, font la tournée des tripots et des ateliers du Crêt de Roc, arpentent le carreau minier et… mettent le feu aux poudres ! Il faudra finalement, après d’autres morts, toute la sagacité d’un journaliste pour parvenir à renouer le fil de trame… Au delà de son intrigue bien ficelée, Meurtre peu conventionnel à Saint-Etienne (aux éditions Elytis) convie le lecteur à une balade dans le Saint-Etienne des années 30, quand le cœur de la grande cité battait au diapason des bistanclaques des métiers à tisser. On entre aussi chez une mercière, on côtoie les « gueules noires », on titille « la gueuse », on boit un coup chez Emile Bourdalou… Et puis, comme c’est toujours le cas avec la série « Meurtre peu conventionnel… » on entre au détour d’une ligne dans l’Histoire et on écoute les grandes figures du syndicalisme ligérien, Jean Pralong et Marcel Thibaud. On se souvient de Frachon, on apprend que l’Ecole des Mines était tout le contraire et on sourie aussi devant l’incrédulité des bons bourgeois comme des paysans à l’évocation des Congés payés : « Avait-on vu pareille idée ? Etre payé à ne rien faire ! »
Un seul regret, Pierre Mazet, contacté par courriel, nous apprend que ses fumeries d’opium ne sont que pure invention. Nulle trace dans les journaux d’époque qu’il a consulté. Dommage, moi ça m’aurait plu d’imaginer des restes d’effluves dans les rues de Sainté, aujourd’hui…