Le trente-troisième tome des aventures d'Astérix. Un
album plus qu'attendu, tant cette bande dessinée
est depuis cinq décennies le fer de lance du neuvième art français. Avec en plus, cette question obsédante : « Le Ciel lui tombe sur la tête » sonnerait-il le glas de la
série ? A la mort de Goscinny en 1977, Uderzo hésite mais poursuit finalement la série, Astérix et périls. Certes, la qualité d'écriture baisse. Certains jeux de mots sont réutilisés, des intrigues semblent un peu faibles. « Le Grand Fossé », parodie sans originalité de Roméo et Juliette qui surexploite les potions de Panoramix au point de devenir lassant, ou « La Galère d'Obélix », qui voit nos Gaulois débarquer sur l'Atlantide et redevenir enfants, illustrent ce relâchement. Mais soyons honnête, un Astérix moins bon reste meilleur que nombre de bandes dessinées du marché, et Uderzo a su signer d'excellents albums. Le succès ne s'est d'ailleurs jamais démenti, et la transition s'est faite en douceur. Preuve de cet engouement qui perdure, ce tome 33 qui sort simultanément dans 27 pays à 8 millions d'exemplaires (dont un peu plus de 3 millions numérotés pour la France). Baptisé « Le Ciel lui tombe sur la tête », ce 33ème opus laisse planer le plus grand mystère. On nous le promet scénaristiquement très recherché et graphiquement parfait, et à part ce titre et cette couverture dévoilés en grande pompe, rien n'a filtré. La couverture parlons-en. Astérix qui frappe dans un éclair, Obélix et son menhir en arrière-plan. Uderzo la décrit comme la symétrie exacte de la toute première couverture de la collection, mise à part la présence d'Idéfix. Un indice qui sous-entendrait la fin de la série ? A 78 ans, Uderzo souhaiterait-il ranger ses crayons de couleurs une bonne fois pour toute ? « Si je trouve une bonne idée je referai un autre album, explique l'heureux papa. Mais il n'est pas certain que j'en trouve une. Et, pour ne pas nuire à la série, je ne referai pas d'album sans idée. » En tout cas, si Uderzo arrête, personne ne prendra sa suite, comme ce fut par exemple le cas avec Lucky Luke l'an dernier : « Les personnages pourront vivre sous d'autres formes, par exemple audiovisuelles, mais il n'y aura plus d'albums. René Goscinny aurait été d'accord avec moi : je suis attaché à la conservation de l'esprit de la série et je ne voudrais pas qu'elle soit dénaturée. »
Plus de critiques à propos de Success Storix