La Cerisaie
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Publié le : juillet 30, 2007
En cette fin de XIXe siècle, l''été s''installe doucement en Russie dans la propriété de Lioubov Andréevna, tout juste revenue de Paris après cinq ans d''absence. En compagnie de son frère Gaev et de quelques parents et amis, elle contemple les délicates fleurs des innombrables cerisiers de la propriété onduler doucement dans la brise, en pensant au passé. Rien ne semble avoir changé depuis l''âge d''or de son enfance. Pourtant rien n''est plus comme avant. Lioubov a dilapidé son héritage au profit d''un amant français, et la propriété ne rapporte plus autant de revenus que du temps de ses parents. Aveuglés par la nostalgie, le frère et la sœur refusent pourtant d''adapter leur chère cerisaie aux nouvelles contraintes de cette Russie moderne en pleine émergence. « Chacun d''entre nous a sa Cerisaie intérieure », remarque Rouslan Kats, le directeur de production de La Cerisaie, en faisant référence à notre attachement aux lieux évoquant des moments heureux.
La critique contemporaine semble être enfin parvenue a une vue plus équilibrée et plus juste de ce théâtre, parce qu’elle admet l’indétermination des formes et qu’elle ne juge plus la dramaturgie tchékhovienne à l’aune d’un modèle classique fondé sur l’action , le conflit, le débat d’idées et le théâtre à thèse.
La Cerisaie, ultime et testamentaire pièce d''Anton Tchekhov, est tout à la fois le tableau d’une société en plein bouleversement économique, social et idéologique et une réflexion puissante, forte et claire sur la souffrance personnelle de tous ceux qui doivent faire le deuil, qui doivent renoncer aux habitudes faciles de vies toutes tracées.
Dans cette pièce il s’agit d’une focalisation omnisciente. L’absence de point de vue est marquée par une perception qui n’est plus limitée. Ici c’est l’ensemble des personnages qui narrent et jouent l’histoire. Seuls les didascalies nous rajoutent quelques indications à propos du contexte et de la mise en scène de la pièce.