Pauvre Emilie, d'abord heureuse avec ses parents dans un petit château au milieu de la forêt (oui,oui, comme dans le conte),
ne voilà-t-il pas que sa mère meure, que son père lui apprend qu'ils sont ruinés, qu'il cache un terrible secret, puis il expire à son tour au cours d'un voyage dans les magnifiques Pyrénées. La pauvre orpheline est alors laissée aux bons soins de sa tante peu affectueuse. Pas étonnant qu'elle se pâme presque à chaque page( ou alors son corset est trop serré). Heureusement qu'en cours de route, elle rencontre Valancourt, son amoureux. Il faudra tout de même plus de huit cent pages pour savoir si ces deux-là vont pouvoir vivre leurs amours au grand jour. Il y a en effet beaucoup de crépuscule dans ce livre d'Ann Radcliffe; beaucoup de descriptions romanesques de paysage : la seule richesse qui reste aux pauvres est celle de la nature. Mais ne vous attendez pas à rencontrer des fantômes avec chaines, boulets et hurlement maléfiques. Les fantômes d'Emilie jouent de la musique. J'avoue que moi aussi je me suis pâmée, d'ennui, avant la fin du livre. Ah j'ai quand même retenu le menu d'un petit déjeûner chez des paysans : crème, fruits, beurre et fromage frais!