Alphonse Daudet (1840-1897) compte parmi les tous premiers écrivains français classiques qu'il
m'ait été donné de lire, j'avais sept ou huit ans. L'histoire s'intitulait
La chèvre de M. Séguin et à l'école chaque élève en lisait cinq lignes à tour de rôle. En fond de décor, il y avait une montagne, une petite chèvre avide d'espace et de liberté et qui payera très cher son audace. Relire
Alphonse Daudet, c'est revenir à l'essentiel et renouer avec le monde de son enfance, pour peu qu'on ait eu la chance de l'avoir lu durant son enfance, sinon c'est le moment tout indiqué pour découvrir les
Lettres de mon Moulin d
'Alphonse Daudet. Ça commence dans le bureau du notaire: un poète de
Paris achète un vieux moulin à vent et à farine en
Provence, en plein coeur de la vallée du
Rhône, dans le but avoué de se consacrer à ses travaux de poésie. C'est dans ce moulin désaffecté que le poète-écrivain
Alphonse Daudet s'installe pour rédiger ses
Lettres qui seront publiées en 1869 et qui seront boudées par le public et la critique. Le livre en compte vingt-trois. Ma préférée reste
La chèvre de Monsieur Séguin, mais il y en a d'autres toutes aussi excellentes:
La mule du pape nous renseigne sur la rancune et la vengeance,
Le secret de Maître Cornille nous livre plusieurs messages, dont celui des conséquences du progrès technologique versus les traditions ancestrales. Il y a aussi
Le récit d'un berger provençal, brève histoire d'amour champêtre et surtout
Le phare des Sanguinaires suivi de l'
Agonie de la Sémillante, terrible récit d'une catastrophe maritime. On découvre partout dans ce livre un monde et une époque révolue, celui dont on est nostalgique par moment. A noter: il existe un
musée Alphonse-Daudet à
Fontvieille, en
Provence, et on peut le visiter tout au long de l'année.