Ce court récit a été inspité à Victor Hugo par un fait-divers s'étant réellement déroulé, quelques années plus tôt.
Claude Gueux est un ouvrier qui vit misérablement avec sa compagne et leur fille. Un jour qu'ils n'ont plus ni bois de chauffage ni pain, il va se risquer à voler. Il sera condamné pour ce vol à cinq ans de prison.
Durant cet internement, Claude se lie d'amitié avec Albin, un jeune homme qui chaque jour partage son pain avec lui.
Mais l'homme a également un ennemi dans sa prison de Clairvaux: le directeur des ateliers, jaloux de l'ascendant que possède le prisonnier sur ses camarades. Aussi décide-t-il de séparer Albin et Claude, par pure méchanceté.
Claude ne supporte pas cette séparation, d'autant que le directeur refuse de lui donner la moindre explication sur ce brusque départ d'Albin.
Durant plusieurs semaines il tente de faire plier le directeur, le supplie de lui rendre son compagnon, sans succès. Face à ces multiples refus, Claude Gueux décide de tuer le directeur à l'aide d'une hâche et tente après cela de se donner la mort: il a jugé et condamné son tortionnaire, tout comme lui l'a été. Il sera soigné de ses blessures pour être guillotiné sur la place publique, un jour de marché.
Victor Hugo utilise ce qui n'était à l'origine qu'un banal fait-divers pour poser la question du rôle de la société, qui dans ce cas a fait de cet homme, bon et intelligent, un assassin et pose bien sûr le problème de la peine de mort. A méditer...