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laquo; Au début des années 1960, aux balbutiements du futur situationnisme, la bohème littéraire et étudiante se retrouve
au « Condé », un café de l’Odéon. Parmi les habitués, les quatre narrateurs du roman : un étudiant des Mines, un ancien des RG, une certaine
Louki, alias Jacqueline Delanque, et
Roland,
jeune apprenti écrivain. Dans la première séquence, l’étudiant des Mines se souvient de la vie au « Condé » et décrit minutieusement les apparitions de Louki, jeune femme de 22 ans apparemment sans attache, qui lui donne l’impression de vouloir faire « peau neuve ».
Dans la deuxième,
Caisley, l’ancien des RG, mène l’enquête : le mari de Louki,
Jean-Pierre Choureau, l’a chargé de la retrouver. Il découvre son
enfance, aux abords du Moulin-Rouge où travaillait sa mère.
Troisième partie : Louki prend la parole et se souvient de son enfance, de ses fugues, des bars interlopes du XVIIIe… Elle évoque les hommes qui l’ont aimée : Jean-Pierre Choureau, Roland, Guy de Vere l’ésotériste qui lui a fait connaître la figure de « Louise du Néant » à laquelle elle s’identifie.
Dernière partie : Roland se rappelle sa rencontre avec Louki et leur amour. Jeune homme passionné par l’«éternel retour » et qui écrit un essai sur les « zones neutres », il flotte, comme Louki, et croit pouvoir la rejoindre dans ses pensées. Mais elle lui échappe comme à tous les autres… Jusqu’au jour où il apprend, au «Condé», que Louki s’est défenestrée…
À travers le passionnant portrait kaléidoscopique d’une jeune femme à l’enfance déchirée et la peinture précise du Paris des années 1960,
Dans le café de la jeunesse perdue laisse une impression tenace de poésie autant que d’insituable malaise. Une sensation étrange, qui prend le lecteur à la gorge. »
Les premières phrases… « Des deux entrées du café, elle empruntait toujours la plus étroite, celle qu''''on appelait la porte de l''''ombre. Elle choisissait la même table au fond de la petite salle. Les premiers temps, elle ne parlait à personne, puis elle a fait connaissance avec les habitués du Condé dont la plupart avaient notre âge, je dirais entre dix-neuf et vingt-cinq ans. Elle s''''asseyait parfois à leurs tables, mais, le plus souvent, elle était fidèle à sa place, tout au fond. Elle ne venait pas à une heure régulière. »