« Courtisane sacrée » Les noces de la volupté et de l’éloquence en Poésie Par
Corinne SAUFFIER
Dans
Courtisane Sacrée, sous-titré Traité de volupté et d’éloquence, je rends hommage à toutes les belles scandaleuses qui au cours de l’histoire ont révolutionné les moeurs inspirant sans cesse les artistes et les modes. Dans cet ouvrage, il s’agit de sublimer l’amour en œuvre d’art en incarnant le personnage ô combien décrié de la Courtisane sacrée, qui dans la Grèce antique désignait la prêtresse du temple de l’Aphrodite de Chypre, à la fois vénérée et redoutée. Ce « voyage couleur Méditerranée » remet à l’honneur l’une des figures les plus fascinantes du panthéon grec. A savoir Aspasie de Milet, l’égérie de Périclès qui vécut au V° siècle avant J.C. et qui fut la maîtresse du plus influent des Grecs. Eloge du désir Célèbre pour son esprit et sa beauté, Aspasie incitait les femmes à intervenir dans la vie publique et à recevoir une éducation supérieure. Sa maison fut un véritable foyer intellectuel. On imagine les quolibets dont le couple fut sans répit l’objet dans une société où la femme était réduite à la seule fonction de l’enfantement. Il faut imaginer (pardon d’avance pour l’ironie) la belle Aspasie enseignant la philosophie à ce laideron de Socrate… En prêtant ma voix au personnage d’Aspasie, cela me permet de traiter tous les thèmes qui me tiennent particulièrement à cœur depuis toujours : charme, beauté, sensualité, culture et éloquence. Sous l’égide de la Courtisane, je célèbre le désir, l’amour, la femme et toutes les femmes à la fois. La Courtisane Sacrée, c’est en fait l’éloge de la féminité, « la femme Salamandre de feu »… Ce soir, auprès des écorces d’amandiers, Donne-moi la caresse qui enlumine ! Regarde les nuages versifier, Le ciel miroir comme une mandoline ! Nos corps vibrent, sous la voûte céleste… J’ai rimé un collier d’île gris-perle, Comme pour défaire le sort funeste Des tristes soupirs qui déferlent… Alchimie Ma Courtisane Sacrée sublime « l’amour en oeuvre d’art » et la parole devient chair. Elle évolue d’abord dans un cadre bucolique : Près d’une cascade, je baignerai mon corps. Je n’aurai pour parure qu’un seul collier de nacre. Dans ce ruisseau brilleront des pépites d’or. La nature se prépare à fêter notre sacre !... Ma courtisane est tour à tour druidesse initiée par toutes les forces de la nature et célèbre l’amour comme une « grande fête païenne » : Nous voilà réunis par tous les hymnes ! Nous voilà réunis dans le ciel des amants ! Ma Courtisane Sacrée recherche « la nuit cosmique » pour rencontrer l’Idéal que constitue « la fusion de deux Etres ». Elle a recours alors à tous les emblèmes de l’alchimie, processus de transmutation créateur : J’ai le cœur philosophal. Je découvre mon idéal. Je rencontre mon idéal. Tu es mon Idéal, mon double parfait, mon double astral ! En ce siècle de Périclès, la femme grecque ne jouait aucun rôle politique. La femme était considérée en perpétuelle mineure. Aspasie la Milésienne fut la compagne de Périclès dont la beauté rivalisait avec l’esprit. Elle fut la première femme à tenir une sorte de salon littéraire. Aspasie la maîtresse incomparable de l’homme le plus influent d’Athènes, la femme de chair si honnie représente « l’impossible symbiose du charnel et du spirituel » et demeure de ce fait la reine des courtisanes et une figure plus qu’attachante en ces temps hellénistiques où le machisme était presque une profession de foi… Pour toi, je deviendrai Courtisane sacrée ! Mes baisers, ainsi, seront toujours les derniers ! Je saurai dispenser l’Amour écrin précieux ! Je lirai dans les cieux des crissements de feu…
Courtisane Sacrée, Traité de volupté et d''éloquence , Ed.Persée, 12 euros
Corinne SAUFFIER