-Véronique ! Viens vite, il y a une surprise pour toi !
Des qu’elle entend la voix de son père, Véronique pose le livre
qu’elle était en train de feuilleter et sort en courant de sa grande maison.
C’est dans cette maison toute blanche, sous un soleil toujours brûlant, que ses parents se sont installés lorsqu’elle était encore tout bébé.
Impatiente de découvrir la surprise, la fillette embrasse son père, à la sauvette, puis regarde autour d’elle : elle aperçoit Taquin, ce coquin de
petit singe qui s’amuse à faire glousser les poules de colères, en les poursuivant avec le râteau de sa petite maîtresse.
Et voila Okè, son perroquet rouge et gris, occupé à décortiquer une cacahuète.
Un peu plus loin, Cabriole le bébé Cabri, est en train de téter sa mère.
Véronique supplie :
-Mais ou l’as- tu cachée ? Je ne vois pas de surprise !!
Sans lui répondre, son père l’entraîne vers la jeep, lui fait signe de monter à côté de lui et finit par dire, l’air mystérieux.
- En route pour l’enclos !
Ils roulent lentement, trop lentement pour Véronique, jusqu’à un immense parc entouré d’une clôture blanche. Aussitôt la petite fille saute à terre et court grimper sur l’une des barrières. Là, elle pousse un cri de joie :
- Oh, papa, comme il est beau !
Elle vient de voir, non loin de Grand Dadais et Gros Nigaud, les deux ânes, et tout prés de Turban, le cheval arabe, un tout jeune et gracieux
zèbre.
- Il a perdu sa mère, explique le père de Véronique.
- Si je l’avais laissé seul dans la brousse, il aurait été une proie facile pour un lion…Maintenant, c’est toi qui es chargé de t’en occuper !
Tous deux s’approchent doucement de l’animal mais qu’il les regarde avec des yeux apeurés.
- Combien de railleurs peut-il avoir ? Demande Véronique curieuse
- Je ne sais pas, essaie de les compter, cela te feras un bon exercice.
- Une, deux, trois, quatre, cinq… Cela va bien jusqu’à douze, ouis elle se trompe, et recommence, et rejetant ses cheveux en arrière en même temps que le petit zèbre secoue sa crinière, elle finit par déclarer :
- Il y’en a bien mille !
- Mille, c’est peut être beaucoup trouve papa.
- Oui, mais il bouge tellement !
Véronique descend de la barrière…
Pas à pas, elle s’approche du zèbre et répète d’une voix douce :
- N’aie pas peur, petit mignon …
Arrivée tout prés de l’animal, elle tend la main, mais le zèbre effrayé fait un bond de côté.
Plusieurs fois, sans s’énerver, la fillette recommence le même manège.
- N’aie pas peur, petit mignon !
Elle ne le quitte pas du regard et, peu à peu, le zèbre se calme et se laisser caresser, pour lécher ensuite le sel qu’elle lui offre, au creux de la main.
- Je m’appelle Véronique, lui confie-t-elle, et toi, quel nom vais-je te donner ?
- J'ai trouvé je vais t'appeller Mille-Raies