Né dans l’entre deux guerres, Morvan Lebesque est de ces hommes qui ont vécu profondément les bouleversements du XIXe siècle.
A l’aube de la guerre, il s’engage dans le mouvement PAB (Parti Autonome
Breton) qui plus tard, collaborera avec l’Allemagne. Au moment où se ceint en deux ce mouvement, il quitte la Bretagne et vit dans la misère à Paris. Il rédige ainsi, quelques piges parfois sans trop regarder la couleur du journal et par ailleurs, il écrit des pièces de théâtre. La fortune lui sourit quand le Canard Enchainé l’engage et qu’il en devient une figure emblématique grâce à des chroniques pleines d’humanisme, de réflexion sociale dictée par un ton acerbe. A la fin des années soixante, il reprend contact avec des indépendantistes bretons et l’UDB. Mûr et sage, il fait paraître Comment peut on être breton ? contenant le texte majeur, La découverte de l’ignorance que Tri Yann mettra en musique. Il meurt quelques années plus tard au Brésil d’une crise cardiaque.
La mort de cet intellectuel breton a laissé un vide car il a commencé une réflexion que personne ne semble capable d’aboutir même jusqu'à nos jours. Son absence est cruelle et sa mémoire mal célébrée car même si à Nantes une toute petite rue et l’ACB portent son nom, à Rennes l’ouverture d’un collège Morvan Lebesque pose encore problème. Des détracteurs de l’homme ? Oui il y en avait un mais vite canalisé tant il est facile de juger des actes après coup, en dehors de l’histoire. Le mot de la fin est laissé à Ronan Le Prohon « Morvan Lebesque, pour moi, c’est une parole », et il serait bon que tout le monde l’écoute.