Eric Giacometti, journaliste, Jacques Ravenne Maître Franc-Maçon
nous offrent un roman de fiction passionnant, à travers une intrigue
policière mêlant Franc-Maçonnerie et membres d’une société secrète
allemande la « Thule Gesellschaft ». Cette confrérie secrète
et raciste a réellement existé ; elle émerge en 1919. Son
fondateur Rudolf von Senbottendorff met en place un
ordre d’inspiration
initiatique et ésotérique, farouche adversaire de la Franc-Maçonnerie.
Son influence dans la création du Parti Ouvrier Allemand (DAP)
est reconnue par les historiens, dont Ian Kershaw. Rappelons ici, que le
DAP sera l’embryon du parti nazi… Alfred Rosenberg théoricien du
parti nazi auteur du « mythe du XXe Siècle » fut un haut
dignitaire de l’ordre de Thulé ; à ce titre, il commande le
pillage des archives maçonniques dans les loges du Grand Orient et de
la Grande Loge de France à Paris, alors sous occupation allemande.
Rosenberg était persuadé de l’existence d’un secret occulte maçonnique
remontant à la nuit des temps. Dans les traces de Thulé, vers 1935
c’est l’Ahnenerbe, institut pour « l’héritage des ancêtres »,
qui voit le jour sur l’ordre d’un certain, Heinrich Himmler. Cet
institut menait des recherches tous azimuts, dans les domaines
scientifiques, ésotériques, historiques. Cette organisation donnera
lieu à tous les excès sous le pouvoir des dirigeants SS, en particulier
dans le domaine des expérimentations médicales dans les camps de la
mort. Les premières pages du roman nous plongent dans la débâcle
du IIIe Reich à Berlin. Le jeune français, François Le Guermand qui à
l’issue de la défaite française devient un collaborateur de la première
heure. Convaincu par le discours du Führer prônant la nécessaire mise
en place d’un ordre nouveau pour une Europe aryenne s’engage dans la
Légion des volontaires français dans l’armée allemande. Il gravit
rapidement les échelons de ce corps d’armée. Remarqué pour son zèle et
son abnégation, il est intégré officier en 1944 dans les unités de la
Frankreich SS, puis dans la brigade Charlemagne. Il se distingue alors,
pour son fanatisme sans limite. Il reçoit comme ultime mission en avril
1945, de déménager en lieu sûr, une partie des archives du Reich, de la
SS et du trésor de guerre accumulé depuis le début la guerre. Il
échouera en partie dans sa mission
victime d’une embuscade menée par
l’armée russe.Il en réchappe bien que grièvement blessé. En
possession de quelques caisses du trésor, il décide d’en éventrer une.
Il reste stupéfait de découvrir de simples papiers jaunis marqués de
symboles mystérieux et ornés d’un crâne signe emblématique parmi
d’autres de la Franc-maçonnerie. Ses yeux se ferment, il perd
connaissance… Nous voilà projeté en mai 2005, un assassinat vient
d’être perpétré au sein du palais Farnaise, l’ambassade de France à
Rome. C’est au cours d’un cocktail que la victime, une jeune française,
libraire de profession et archiviste du Grand Orient est retrouvée
assassinée suivant un rituel bien précis. Parmi les invités se trouve
un certain Antoine Marcas, commissaire français en visite de
courtoisie. Marcas est un maître maçon, auteur de nombreux ouvrages sur
la symbolique et les origines de la Franc-Maçonnerie. Son ami et
conseiller militaire au près de l’ambassadeur l’enjoint de le suivre
discrètement sur les lieux du drame. Les blessures mortelles infligées
à la victime rappellent étrangement au commissaire, le rituel du
meurtre d’Hiram grand personnage légendaire de la Franc-maçonnerie Le
chef de la sécurité, une femme, Jade Zewinski ne tarde pas à les
rejoindre. Volontaire, d’allure sportive, cette brillante recrue de
l’armée de terre française fut tout d’abord détachée à la protection
des personnalités médiatiques et politiques sur les théâtres
d’opérations militaires. Elle rejoint ensuite les services de
renseignements lors de la montée en puissance du terrorisme
international. Puis affectée à Rome, elle prend en chargee avec rigueur
la sécurité de l’ambassade de France. Hélas, le meurtre de la jeune
libraire et amie de surcroît, venait ternir sans conteste ses brillants
états de services. Sur les lieux du crime, la première rencontre avec
Marcas sera des plus ostensibles, supportant difficilement la rivalité
professionnelle. Son aversion vis à vis de la Franc-maçonnerie ne peut
que les séparer davantage. L’affaire est étouffée par l’Etat Français
afin de préserver toute la discrétion nécessaire à l’encontre des
autorités italiennes. Cependant de retour à Paris, le commissaire
Marcas se retrouve en charge de l’enquête et sa surprise n’a d’égale
que son mécontentement quand il découvre l’identité de sa partenaire
désignée qui n’est autre que, Jade Zewinski .L’étude d’un crime
exécuté selon le même rituel, commis quelques semaines plus tôt, à
l’institut archéologique de Jérusalem va inciter nos deux enquêteurs à
corréler les deux affaires. Marek, la victime, était un éminent
archéologue, spécialiste en études bibliques et Franc-maçon. Il
travaillait alors sur la découverte d’une énigmatique pierre gravée,
celle-ci sera dérobée par l’assassin. La piste d’une organisation
secrète hostile à la franc-maçonnerie se précise alors. Soixante
ans après la fin de la guerre, l’Ordre de Thulé refait surface. De
péripéties en péripéties, tour à tour malmenés Marcas et Zewinski vont
devoir courir par monts et par vaux, déchiffrer les rites maçonniques,
investiguer au péril de leur vie. Le dénouement aura pour décor
original un lieu hors du commun, berceau de nos ancêtres. Ce
roman est avant tout une œuvre de fiction. Pour autant, les auteurs se
sont inspirés de faits réels concernant les références historiques,
scientifiques ou encore une partie des rites maçonniques. Le succès de
ce roman n’y est pas étranger.
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