Ennui pastel, flottement doux-amer, post-modernité douceâtre… les nouvelles de Siham Abdellaoui ressemblent à la vie telle
qu’elle l’est, aujourd’hui, pour une femme quadra, privilégiée et «coincée» dans une société hypocrite. On regarde les traits tirés d’un
visage après une journée, on y boit, on y fantasme sexuellement, on s’y traîne un peu avec un regard cultivé, ce qui donne un prisme sensuel à la lecture des choses environnantes. C’est bien, souvent sans concessions et pas très politically correct. C’est froid, scalpelisé à souhait, volontairement afin de mieux extraire la face cachée de telles tranches de
vie.Un visage démaquillé dans un cocktail ordinaire, en quelque sorte. Il manquera peut-être un coup de fouet rock’n roll pour que ce recueil bascule dans une vraie rupture du roman maghrébin. Nul doute que Siham Abdellaoui a déjà tous les atouts pour se lâcher entièrement au prochain round.