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Accueil Shvoong>Livres>GUENDUN L'enfant oublié du Tibet.

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GUENDUN L'enfant oublié du Tibet.

par : REMY    

Auteur(s): Gilles; Van; Grasdorff
Panchen Rinpoche ne s'attachait guère aux louange qu'on lui adressait, et se souciait encore moins du jugement des autres.
Il poursuivait consciencieusement ses études, entre les psalmodies matinales et les prières du soir, des journées entre-coupées par quelques escapades dans les nombreux temples de Kundun : le monastère était immense.
Malgré un proverbe Tibétain qui disait :
Ne craignez pas les dieux,
Ne craignez pas les fantômes,
Ne craignez pas vos tuteurs
Lorsqu'ils viennent se prosterner....
Panchen Rinpoche profitait de la moindre inattention de ses maîtres pour s'ésquiver et gagner en courant l'entrée. Devant le monastère, il aimait particulièrement ces instants ou il pouvait à loisir observer les pèlerins. Souvent, il se glissait parmis les gens ordinaires et partageait avec eux le thé et la tsampa. Ces êtres si humbles et si misérables aiguisaient sa curiosité ; il adorait leur parler. " Bavarder est un art ", confessa-t-il un jour, en riant aux éclats.
Il n'était alors pas rare qu'un Tibétain lui donnât un morceau de fromage séché, épais comme un dé, dur comme unn caillou, qu'il laissait fondre pendant des heures dans sa bouche. Il se régalait.
L'enfant était conscient que ses tuteurs le guéttaient avec une impatience retenue. Comme ils appliquaient à la lettre les principes bouddhistes, ils le grondaient, le critiquaient et le battaient quelquefois. Mais le plus jeune de ses tuteurs, tout au plus lui pinçait-il l'oreille ou lui donnait-il une claque sur son crâne rasé; celle ci n'était cependant pas assez forte pour lui faire mal. Plus tard, il devait avouer : " Ce maître avait une technique particulière pour me battre : la main incurvée, il frappait avec un paf qui raisonnait clair et fort. Je trouvais cela drôle, et j'espèrais parfois une seconde gifle. Je ne pouvais pas m'empêcher de rire à cette idée stupide, ce qui le faisait encore plus enrager. Mais il était bon. Quand il était en colère, il perdait patience, criait, la barbe en bataille et les yeux écarquillées, et brandissait parfois le poing devant moi. Je le trouvais alors franchement drôle...
Publié le : août 13, 2005
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