C’est trop pour un seul homme de s’entendre vieillir, de s’inventer des vies, des rôles sous les rides, en dedans de la tête…
Faudrait ne plus céder à ces débordements, l’ordinateur facile, en prévision de l’âge, qui guette sous la peau…
Faudrait se voir au loin, ne plus parler d'un autre, de tous ses comédiens, leurs os roués de coups, à fleur de caresses…
Faudrait, pour avancer, éteindre les lumières, s’éloigner des
miroirs, réinventer le temps, ces trains de la relève, amnistier son passé…
Faudrait tout oublier, oublier l'autre rive, où y’a même plus d’aiguilles pour arrêter les heures… Faudrait ne plus s’écrire, désapprendre les peurs… Faudrait ne plus parler, de ce vent qui dessine, dans l’ivresse des roses, l’illusion des marées... Le transparent des murs et ces voix clandestines, qui nous hantent le cœur…
Faudrait si je pouvais, ne plus tenter le diable et des anamorphoses, éthériser le verbe.
A tant éclats de vers, aux silences des pierres, contourner les miroirs, l'autre reflet de l'eau…
Il faudrait l'impossible… Ne plus creuser le vide, au ventre des statues…