Ce livre
est un conte philosophique brillant et puissant traversé par un humour grinçant et une ironie décapante. C’est un Orwell au
meilleur de sa forme qui s’empare des
animaux pour attaquer l’homme. La ferme du manoir est le théâtre d’une révolution unique. Selon la prophétie de Sage l’ancien, un cochon, les animaux se révoltent, chassent le propriétaire et s’organisent pour appliquer l’Animalisme, la doctrine pour un monde animalier libre, meilleur, loin des travers humains. Progressivement se dessine une caricature grotesque des mouvements révolutionnaires du vingtième
siècle, de leurs perversions, de leurs vices, et plus généralement un regard acide sur l’humain. Comment ne pas reconnaître en filigrane l’expérience communiste soviétique ? Tout y est, de la montée du parti aux procès truqués avec aveux publics en passant par la réécriture du passé etc. C’est d’un burlesque irrésistible et instructif, une critique sans concession de la faillite du mouvement qui a porté tant d’espoirs durant le vingtième siècle. « Tous les animaux naissent égaux, mais certains le sont plus que d’autres ». A méditer.
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