« Le grand poisson filait silencieusement à travers les eaux ténébreuses qu’il fouettait de sa queue en forme de croissant… »
C’est ainsi que fuse la mort sur la petite station balnéaire d’Amity à Long Island par une nuit chaude et calme. Christine Watkins
est la première à rencontrer le monstre à ses dépends, on ne retrouvera d’elle que sa tête, l’amorce de son buste, le moignon d’un bras et environ un tiers de son tronc prisonniers d’un lacis d’algues… l’unique sein de la femme était aussi plat qu’une fleur séchée pressée entre les pages d’un livre.
A cinq heures vingt ce matin là, la sonnerie du téléphone qui réveilla Martin Brody, chef de la
police d’Amity, fut l’essor d’une descente au enfer pour cet homme qui n’appréciait que la terre ferme.
Le
requin pose des problèmes, mais des pressions de toutes parts rappellent constamment à Martin que ce n’est qu’un fonctionnaire élu et que des fonctionnaires électifs peuvent être destitués. En effet, l’annonce qu’un squale gigantesque rôde dans les eaux d’Amity avant la pleine saison estivale aurait des répercutions effroyables pour la station balnéaire, le marché immobilier, les ventes, le chômage… Les touristes décideraient certainement d’aller faire trempette ailleurs, le week-end du 4 Juillet serait une catastrophe et Amity ne s’en relèverait pas.
Larry Vaughan, le maire d’Amity, refuse obstinément de divulguer quoi que ce soit sur l’affaire Watkins. Les plages resteront donc ouvertes !
Puis le Dimanche 20 Juin, alors que le soleil est au rendez-vous et que les plages regorgent d’estivants, Alexander Kintner, six ans, se fait dévorer alors qu’il se prélasse sur l’océan, allongé sur un matelas pneumatique. Un sexagénaire est déchiqueté un peu plus loin sous les yeux de Léonard Hendricks, agent de police d’Amity.
La maman d’Alex Kintner apprend par un exemplaire du Times de New York, que la mort de son fils n’était pas le premier accident dû à l’attaque d’un requin. Elle se rend au poste de police et frappe avec son journal le chef Brody en le traitant d’assassin.
Ensuite, c’est le Flicka, le bateau de pêche de Ben Gartner qui est retrouvé en mer dans un piteux état. Des trous ont été fait dans sa coque et Hendricks retrouve une dent triangulaire de cinq centimètres. Pour Matthieu Hooper , océanographe passionné de requin et dépêché sur cette affaire d’Amity, pas de doutes possible, il s’agit d’un grand requin blanc dont il évalue la taille entre quatre mètres cinquante et six mètres, et dont le poids pourrait atteindre les trois tonnes.
Les plages sont fermées et la police sillonne les eaux comme le désirait Brody depuis le début. Mais le jeudi précédent le week-end du quatre Juillet, à l’issue d’une réunion extraordinaire, la décision de rouvrir les plages est votée. Malgré l’extrême réticence du maire, Brody amplifie la surveillance des eaux.
Les gens viennent de partout, mais c’est simplement pour voir le monstre de Requin-ville.
Une nouvelle attaque toutefois durant laquelle un adolescent échappe de justesse à la mort blanche, force la population à l’abdication. Il faut tuer le monstre, un point c’est tout. Il n’y a plus d’autres solutions, et il ne faut surtout plus espérer que la bête partira seule, d’elle-même.
C’est à bord de « L’Orque », le bateau d’un pêcheur confirmé, Quint, que la survie déjà en déclin d’Amity va se jouer.
Quint le chasseur de requin, Hooper l’amoureux des monstres et Brody, chef de la police, aussi à l’aise sur mer que dans un cercueil, vont s’unir pour le pire dans une traque infernale qui les mènera à l’extrême.
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