L'école des femmes, Acte I, sc. de Molière (1622-1673) Molière,
fondateur de l'illustre théâtre, monte l'école des femmes en 1662, au sommet de sa gloire. Ici, c'est la scène d'exposition qui répond à un double objectif: la présentation du contexte des personnages et de l'intrigue. Dans cette tirade Arnolphe expose son point de vue de l'épouse idéale et l'éducation qu'elles doivent avoir reçu et celle qu'elles ne doivent pas avoir reçu.
☺ En se basant sur la tirade d'Arnolphe, nous essayerons de déterminer en quoi consiste une bonne éducation.
I/ Arnolphe : un modèle de bonne éducation, celle qui fait devenir un « honnète homme »
a) Arnolphe, dans certaines mesures, incarne l'idéal de l' « honnête homme »
-v82 -> sa thèse au présent de vérité générale
-S'appuie sur des exemples pour que son argumentation soit imprenable (la femme de Chrysalde est « fort sage »(v.83)
-éliminer l'objectif (femmes de certains gens)
-suggérer tous les problèmes (Moi, je (v.87)
-supposition de 6 vers où il s'imagine ce qu'il se passerait avec une femme habile (non ... non (v93)
-argumente : « celui qui agit pour n'être point sot »(v82)
-refus péremptoire d'une femme intelligente :
(« femme intelligente » + 3 derniers vers) -> conclusion introduite par la femme de Chrysalde
b) Quelques ambiguïtés
-Arnolphe fait trop facilement appel à la religion de manière illogique.
Ex : v.38 -> il mélange foi et expérience
v84 -> mauvais présage = superstition (païens VS foi chrétienne )
-Arnolphe ne s'appuie pas tout le temps sur la raison :
ce n'est pas un honnête homme. Il utilise un vocabulaire pseudo-religieux :
ex -> le « moi » est au centre de son raisonnement.
V38 -> « je vois » « je suis » « je veux » ... allusion aux souhaits de la femme.
V31 -> expressions péjoratives.
Arnolphe fait preuve d'un certain égocentrisme, ce qui va à l'encontre de l'honnête homme.
Finalement, Arnolphe n'incarne pas l'idéal de l'honnête homme. Son éducation n'a pas été si réussie.
Il va présenter dans son discours deux visions idéales. Laquelle sera la plus convaincante ?
II/ Qu'est ce qu'une bonne éducation féminine ?
A) Arnolphe présente deux idéaux. L'idéal qu'il préconise et l'idéal qu'il décrit
a) L'idéal d'Arnolphe
-Une éducation basée sur le vide.
L'absence de connaissances -> pas de négation v.96 « ne sache pas »
-Ignorance extrême, absence d'intelligence (le mot sotte revient au début et à la fin)
-Oxymore, pour montrer combien la femme n'est pas intelligente.
b) La pédagogie proposée
Elle doit susciter le désintérêt de tous. Le verbe impersonnel « il faut » avec le pronom « on » montre qu'il faut que les gens s'obligent à la prendre comme partenaire de jeu. Elle répond d'une « tarte à la crème » (pas de rime) donc elle comprend pas les subtilités du jeu. Elle est « sotte ». Arnolphe, dans ce refus d'une femme attirante, a surtout peur du cocuage. « Un saint que pas un ne réclame » .Une femme intelligente se rend compte que son mari est sot. C'est ce qu'Arnolphe craint.
c)Le but de cette éduaction, « savoir prier dieu, m'aimer, coudre et filer »
L'éducation est basée sur la religion (« prier dieu » ), les activités domestiques (« coudre et filer ») pour ne pas qu'elle sorte et l'éloigner de la sphère sociale et cultivée. Elle ne doit pas rencontrer des jeunes gens attirants.
B/ L'éducation féminine ratée selon Anolphe
a) Le primat de l'intelligence, de la culture et de la sagesse
-Champs ex de la culture et de l'intelligence très important (« fort sage », « trop de talent »<- adv, d'intensité (v,86))
-Négation restrictive (ne ... que)
-Les femmes qui se présentaient dans les salons et représentaient de « proses et doux écrits » étaient l'élite intellectuelle féminine.
-Absence d'activités manuelles (pour les domestiques)
b) Une éducation attirante
- »une femme cultivée attire marquis et beaux esprits » -> frappant car le mari n'est visité de personne. (locution conjonctive : tandis que (v91))
-la femme est plus brillante car cela rend le mari fautif (sans consistance. Due aussi à la beauté de la dame : Arnolphe le refuse v104-105 (antithèse : laide, elle /sotte ,,, bcp d'esprit) + hyperbole (femme FORT belle avec BCP d'esprit)
Ce modèle d'épouse est celui que dénigre Arnolphe alors que le commun des mortels non.
L'idéal d'Arnolphe en matière d'éducation semble être l'antithèse de l'idéal classique du XVIIeme s. Arnolphe n'est pas un modèle de l'homme : la ;femme qu'il recherche correspond à son raisonnement. L'éducation féminine est un sujet sensible. Fénelon a écrit un Traité de l'éducation des filles : l'importance de l'éducation des jeunes filles (citation : « Rien n'est plus négligé que l'éducation des filles..