« A un enfant de Maison » extrait des Essais de Montaigne (1533-1592)
Ici, Montaigne s'interroge sur l'éducation à donner aux enfants afin de mieux les préparer à juger et à réfléchir correctement.
☺ Quel genre d'éducation cette argumentation demande-t-elle ou propose-t-elle ?
I/ Une argumentation solide pour prouver le bien fondé de cette pédagogie
a) L'auteur cherche à nous convaincre
-Succession de paragraphes remaniés , ce qui montre qu'il a réfléchi à la question.
-Maximes avec présent de vérité générale (l,51)
-Arguments d'autorité = ce qu'il dit est basé sur toute une tradition
-Exemples : « les abeilles ... »
b)L'auteur cherche à nous persuader
Il s'implique personnellement « Je » donne un rythme à tout le texte + « nous »
Il évoque l'ancienne méthode qui a échoué.
Oppositions entre la nouvelle et l'ancienne éducation (ex : crillalier avec suffixe péjoratif)
L'élève doit savoir « répéter » : l'enfant n'est qu'un récipient que l'on essaye de remplir (l.13 le professeur invente et parle seul , l.30 : ,Montaigne emploie le mot »même » et « pareille »)
Il est très cultivé , il s'est nourri de nombreux maitres anciens et est capable de donner une réflexion personnelle
Dans cette page, Montaigne cherche à convaincre et à nous persuader de la justesse de la nouvelle théorie qu'il a élaboré.
II/ Les moyens nécessaires à l'éducation
a) Le choix d'un précepteur
l,30 -35 il ne doit pas régenter comme autre fois.
« il faut qu'il aie la tête bien faite que bien plaine » -> solidité intellectuelle
Il n'insiste pas sur les matières à apprendre hormis les lettres (l,1).
On a une métaphore du voyage dans tout le texte
Il s'adapte aux capacités de l'enfant (l.33-34)
Opposition entre « un ou deux » et « tout un peuple »
(l.10) il faut qu'il agisse selon la portée de l'âme qu'il a en la main (l.11-12)
balancement (quelques fois, quelques fois ...) pour suggérer que le pédagogue s'adapte.
b) La pédagogie proposée
Métaphore culinaire pour que l'enfant assimile ce qui lui est enseigné (crudités, ingération) : l'enfant goute ce qu'il apprend.
Métaphore de la marche : faire avancer l'enfant à son rythme -> « fais trotter devant »
Par ce choix du précepteur et une pédagogie efficace, l'enfant devrait progresser dans un but bien précis.
II/ Le but de cet enseignement
a) Pour s'en enrichir et parer au devant
Forme le jugement de l'élève pour qu'il aie des idées personnelles : « en tirer un habile homme, qu'un homme savant » (l,34) -> chiasme (l.41-42) « Voir si'il l'a bien pris et bien fait sien »
Opposition entre ses idées et celles des autres (qu'il se les sache approprier ; en faire un ouvrage tout sien)
b) « Savoir vivre »
Non par sa mémoire mais par sa vie (l.38-39) devenir meilleur et plus sage -> comparatif pour contraster avant et après.
Cet extrait permet de comprendre « la nouvelle manière » d'enseigner que propose Montaigne. Ses idées seront transmise par l'imprimerie, ce qui a permis aux élèves d'avoir plus de temps pour réfléchir.