Une nouvelle de Sartre que j''ai beaucoup appréciée, certainement une des plus enrichissantes, des meilleures de son siècle.
Le contexte se déroule durant la seconde guerre mondiale (si je ne m''abuse) dans un village touché par le conflit et donc quasiment déserté par ses habitants.
Le lieu de l''action est situé plus précisément dans une école à présent en ruines. Dans une salle de classe où deux officiers font passer tour à tour des civils qu''ils soupçonnent être des
résistants, eux-mêmes enfermés dans le grenier du bâtiment.
Cela fait déjà presque une journée que six résistants sont enfermés dans cet étouffant grenier, ou une journée entière, ils ne savent plus, ils n''ont plus conscience de rien : combien de temps vont-ils attendre ici, fait-il jour ou nuit, des gens réfléchissent-ils à leur sort, ont-ils faim, froid ou chaud ?
Ils ne sont plus sûrs de rien, ils sont désemparés et se disputent entre eux, sous le coup de l''éreintement, de la désorientation.
Puis vient l''heure où les officiers de Vichy les prennent l''un après l''autre pour leur soutirer des renseignements, alors là la tension entre eux devient plus mordante : vont-ils cracher le morceau lâchement ou faire preuve d''honneur ?
Sartre a constitué cette pièce de théâtre de fabuleuses répliques qui voyagent entre la vie et la mort, la dignité et la fierté, entre autres notions qui conduisent droit à la
philosophie existentielle de cet auteur contemporain immortel.