Sir Shelby possède un domaine dans le Kentucky. Bien qu’il soit un bon maître, il est contraint, pour payer
ses dettes, de vendre son cher oncle Tom, un Noir qui dirige son domaine et qui lui est entièrement dévoué, ainsi que Harry, un petit Noir, à Haley, trafiquant d’
esclaves brutal et sans scrupules. La belle métisse Elisa s’enfuit du domaine pour sauver son fils Harry, tandis que Tom, soutenu par sa foi, se plie à la volonté de son maître. Au fil de mille péripéties, l’auteur retrace le périple des esclaves noirs vendus et revendus comme de la simple marchandise, séparés sans pitié de leurs enfants, battus à mort en toute légalité, certains bravant tous les périls pour conquérir enfin la liberté au Canada. Tom ne survit pas à l’épreuve, mais son attitude christique en fait le rédempteur d’un peuple sacrifié.
œuvre de combat écrite avec toute la science du feuilletoniste. Si elle pèche par la caricature de certains personnages et par l’excès de discours, elle fait preuve d’une remarquable efficacité : l’immense succès du livre a joué un rôle dans le combat nordiste pour l’abolition de l’
esclavage. L’auteur montre, en effet, que ce ne sont pas les excès de l’esclavage qui sont odieux, mais l’institution elle-même.
Malgré la générosité de ses intentions, le roman reflète les préjugés de son époque, peignant les Noirs comme des êtres enfantins et exubérants, ce qui a valu à Harriet Beecher-Stowe d’être accusée de paternalisme par ceux-là mêmes qu’elle avait voulu défendre.